Entretien avec Marthe Sébille

Marthe Sébille vient de réaliser son premier court-métrage consacré au chagrin d'une fillette de 6 ans qui perd son petit frère.

 

 

Merci de vous présenter en quelques lignes

Je suis Marthe Sébille une jeune réalisatrice de 26 ans. Enez Eusa est mon premier court-métrage. Après des études de médiation culturelle et de cinéma à Rennes, je suis rentrée à Paris pour travailler d’abord comme technicienne sur les tournages de cinéma puis comme scénariste et réalisatrice. Je prépare actuellement un documentaire, un court-métrage et un long-métrage de fiction.


Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

J’ai toujours été attirée par l’art et particulièrement par le cinéma, mes parents m’y ont emmenée très jeune, je suppose que ça vient de là. En faire un métier n’a pas été une décision facile, statut précaire, milieu bouché… Malgré cela je me suis mise à rêver de pouvoir un jour faire mes films, et je m’y suis accrochée. C’est un métier fascinant, un langage des images, du son, des humains et des émotions. C’est un grand plaisir et une grande chance de pouvoir exprimer par le cinéma le regard que je porte sur le monde…


Quel est le sujet de votre court-métrage « Enez Eusa » ?

ENEZ EUSA suit le parcours d’une enfant de six ans confrontée à la mort de son petit frère au sein de sa famille anéantie par le chagrin. La solitude, la colère et l’amour de Maëlle qui a besoin d’être auprès de ses parents.


Pourquoi avez-vous souhaité aborder le thème de la mort ?

Faire un film sur la mort était avant tout pour moi un moyen de m’interroger sur la vie. Sur ceux qui restent. Comment surmonter l’insupportable ? quoi faire de cette douleur ? comment se maintenir en vie malgré le chagrin ?et l’importance des gens autour.


Pourquoi avez-vous choisi le point de vue d'une fillette qui perd son petit frère ?

Raconter l’expérience de la mort du point de vue d’une enfant est une façon symbolique de montrer la perte de l’innocence que provoque un tel séisme. Les codes et les repères s’écroulent, tout est à re-construire. Adopter le regard de l’enfance c’est aussi souligner la beauté de la vie devant laquelle il peut encore s’extasier, c’est une force de vie qui est encore là et qui permet de la poursuivre ensemble avec du chagrin, mais ensemble.


L'histoire se déroule sur une île en Bretagne. Pourquoi avez-vous choisi la mer et ces paysages ?

ENEZ EUSA signifie l’île d’Ouessant en Breton, où le film a été tourné. Pour raconter cette histoire je voulais un décor puissant, autant dans la beauté des paysages que dans la présence de la nature. Ouessant est à deux heures du continent. C’est une île sauvage et écorchée. Elle illustre à mon sens précisément les sentiments complexes de Maëlle.


Que souhaitez-vous transmettre à travers ce film ?

L’idée qui me guide, c’est que malgré le chagrin il reste toujours une beauté quelque part, insoupçonnable, et qui avec le temps se révèle un jour.


Quels sont vos projets ?

Je suis actuellement en train d'écrire mon prochain moyen-métrage qui traite du couple et devrait se dérouler en Espagne.


Enez Eusa
Marthe Sébille : marthesebille@gmail.com
France/2009/35mm/couleur/12’
Scénario : Marthe Sébille
Production/Distribution : Anne Sarkissian - Iloz production - Quimper - France
Tél : +33 (0)2 98 64 09 99 -mailto:-ilozprod@gmail.com


Publié le 04/01/2010