Entretien avec Jacques Fradin

Jacques Fradin est est docteur en Médecine, Comportementaliste et Cognitiviste (AFTCC).  Il a fondé l'IME, Institut de Médecine Environnementale, à Paris, où il anime une équipe de recherche en neurosciences cognitives, en partenariat avec Paris 8.

 

Dans votre livre « L'intelligence du stress », vous exposez vos recherches sur le fonctionnement de notre cerveau et distinguez deux grands modes de fonctionnement mental : le Mode Mental Automatique (MMA) et le Mode Mental Adaptatif Préfrontal (MMP). Vous présentez également la Gestion des Modes Mentaux (GMM) : une méthode et des outils que vous avez développés pour faciliter la bascule du MMA au MMP. En quoi tout cela consiste-t-il ?


Les recherches les plus récentes sur les liens entre notre cerveau, nos pensées et nos comportements, permettent aujourd’hui de mieux comprendre les ressorts de notre intelligence et de concevoir des méthodes très prometteuses pour mieux la mobiliser en toutes circonstances, y compris en situations stressantes. Au sein de l’Institut de Médecine Environnementale  que j’ai fondé en 1987, nous avons développé une Approche Neurocognitive et Comportementale (ANC) qui propose notamment un modèle innovant d’explication du fonctionnement de notre Intelligence Adaptative et des mécanismes du stress.


En effet, la science s’accorde aujourd’hui à penser que cette région la plus récente (en termes d’évolution des espèces) de notre cerveau est celle qui nous permet de nous adapter, d’anticiper, d’innover et de rechercher ou créer des solutions nouvelles à des situations complexes et inédites. C’est aussi cette même région qui nous permet d’établir des relations humaines d’égal à égal avec nos semblables, en inhibant nos instincts primitifs de domination ou de peur et en nous permettant de relativiser nos valeurs pour accepter la différence comme une source d’enrichissement mutuel plus que de conflit.


Dans le domaine du développement du potentiel humain (communication interpersonnelle, management, motivation, estime de soi, créativité…), la plupart des méthodes et outils utilisés actuellement s’appuient sur des connaissances empiriques ou des références scientifiques qui datent souvent de plusieurs décennies… Or les sciences qui étudient le mode de fonctionnement de notre intelligence et nos comportements ont fait, avec les neurosciences et l’imagerie cérébrale, des progrès considérables au cours des quinze dernières années.


Parmi les progrès réalisés dans ces disciplines, les travaux de ces dernières années sur le fonctionnement du néocortex préfrontal qui constitue, rappelons-le, la partie la plus évoluée de notre cerveau, ouvrent des perspectives très prometteuses dans la gestion et le développement du potentiel humain.


De récentes études scientifiques et nos propres travaux indiquent que le stress serait un signal d'alarme témoignant du caractère inadapté et persistant du comportement de l'individu par rapport à une situation, ou de la représentation qu'il s'en fait. Ce signal d'alarme serait déclenché par le cortex préfrontal, considéré comme le siège des processus adaptatifs. Selon notre Approche Neurocognitive et Comportementale (ANC), le stress serait donc le révélateur d’une Intelligence Adaptative bridée dans son expression tandis qu’un entraînement "au changement de stratégie" permettrait une meilleure gestion du stress et une plus grande capacité d’adaptation.


La psychologie cognitive reconnaît généralement un continuum entre deux façons typiques d'appréhender une situation : soit l'individu applique des schémas d'action appris, soit il crée de nouvelles stratégies. Les territoires cérébraux sous-jacents à ces processus de traitement de l'information sont respectivement postérieurs et bas d'une part, antérieurs et hauts (ie. le néocortex préfrontal ou CPF) d'autre part. Le CPF, décrit comme le siège de l'intelligence générale et de l'adaptation, a récemment été impliqué dans le déclenchement de la réaction de stress. Le CPF signalerait de cette façon le caractère inadapté de la stratégie de l'individu par rapport à la situation.


En effet, les réactions de stress apparaîtraient lorsque nous tendons à appliquer des stratégies ou des représentations de la situation qui sont automatiques et apprises (réaction émotionnelle, habitude, méthode ou recette), tandis que ces situations exigeraient au contraire la mise en œuvre de nouvelles stratégies ou représentations (observer, chercher à comprendre, imaginer et décider d’une stratégie nouvelle sans disposer pleinement de l’expérience de sa mise en œuvre). A ce titre, nous avons pu constater, lors de nos études, une corrélation significative (0.9), lorsque des individus sont confrontés à une situation non maîtrisée, entre la « stressabilité » (tendance à se stresser dans la situation) et un mode de fonctionnement dit « automatique ». Ce mode de fonctionnement automatique apparait également chez des patients présentant une lésion des régions préfrontales.


Selon Damasio, les régions préfrontales, en raison de leur apparition récente d'un point de vue phylogénétique, seraient le siège de notre adaptabilité mais souffriraient d'une forme d'immaturité fonctionnelle les empêchant de s'imposer à des structures plus anciennes dont les processus ont un accès facilité à la conscience. Le CPF, qui présente des connexions directes avec l'ensemble du cerveau, shunterait alors les territoires responsables des stratégies automatiques pour solliciter ceux mettant en œuvre la réponse de stress. Le stress serait donc bien le signal d'alarme de notre inadaptation.

Sachant cela, comment peut-on s’entraîner à changer de stratégie en sollicitant notre « Mode Mental adaptatif Préfrontal » (MMP) ?


Nous observons souvent avec étonnement que certaines personnes en soins palliatifs, pourtant à l'approche de la mort, peuvent se montrer relativement sereines. En réalité, il semble que le stress réponde à l'équation : intensité du stress = importance de l'enjeu x stressabilité (elle-même induite par la fermeture vis-à-vis de la mise en place de nouvelles représentations). Si la stressabilité est nulle, alors l'intensité du stress le sera également, quel que soit l'enjeu. Certaines études montrent qu'il est possible d'entraîner les individus à gérer leur adaptabilité et leur stress, en leur apprenant à favoriser des processus cognitifs liés à l'activité du cortex préfrontal. Basées sur une forme d'exercice de la raison, de la capacité à anticiper et adopter des processus d'analyse aux niveaux conceptuel et sensoriel, certaines techniques de méditation permettent une diminution significative des réactions de stress, une activité accrue du CPF et même une augmentation de l'efficacité du système immunitaire.


Nous avons nous-mêmes étudié, depuis plusieurs années, l'impact d'un entraînement destiné à favoriser a priori les processus cognitifs liés à l'activation du CPF (entraînement au rétablissement du raisonnement logique, de l'attention à l'environnement, de la rationalisation des événements, etc. en situation difficile) sur le stress et l'adaptation des élèves-pilotes de l'Armée de l'Air Française. Notre dernière étude a porté sur une évaluation cognitive du stress, associée à une mesure du rythme cardiaque et des performances des élèves-pilotes militaires lors d'un scénario en simulateur de vol. Ce scénario présentait une situation complexe, inconnue, à risque vital et considérée a priori comme insoluble. Nous avons comparé trois groupes d'élèves : un groupe ayant participé à un entraînement succinct aux processus d'adaptation (groupe test), un groupe ayant participé à un entraînement abordant le facteur humain et les risques à éviter en activité (entraînement issu de la formation classique des pilotes de l'Armée de l'Air en Facteur Humain) et un groupe n'ayant participé à aucune de ces deux formations. Il s'est avéré que les élèves du groupe test ont significativement présenté, en moyenne, une moindre anxiété, de moindres perturbations du rythme cardiaque, deux fois moins d'erreurs et six fois plus de stratégies innovantes et adaptatives en situation de non-contrôle, comparativement aux deux autres groupes.


En moins de 12 heures de formation, comme ce fut le cas dans cette étude et comme c’est généralement le cas dans nos formations pour les entreprises et les hôpitaux, nous constatons que les participants non seulement prennent conscience que le stress est un signal d'erreur interne destiné à nous inciter à changer d’attitude ou mode mental en situation non maîtrisée, mais aussi intègrent les principaux outils que nous avons mis au point pour prévenir le stress et développer notre capacité d’adaptation et d’innovation en situations complexes non maîtrisées.


Ces outils sont ceux de ce que nous appelons la « Gestion des Modes Mentaux », une méthode pour mobiliser nos capacités innées d’Intelligence Adaptative.


Pour laisser libre accès à l’expression de notre Intelligence Préfrontale, nous vous invitons à cultiver sans modération les 6 attitudes ou états d’esprit que notre équipe de recherche a décrits (Fradin et al, 2003) et qui caractérisent l’activité du Cortex Préfrontal d'une part (le Mode Mental Adaptatif Préfrontal), et 6 autres, en miroir, sous-tendues par le Mode Mental dit « Automatique ». Ces deux types de fonctionnement ou états d'esprit ont leur utilité, mais le stress que l’on ressent, qui se traduit par un vécu d’anxiété, de colère ou de découragement, traduit un déficit de passage en Mode Adaptatif, autrement dit un déficit d’utilisation des ressources du CPF dans la situation stressante.


1 – La curiosité

Notre Mode Mental Automatique, qui apprécie les environnements connus où il dispose de stratégies apprises et maîtrisées nous rend particulièrement néophobe.

A l’inverse, le Mode Mental Adaptatif nous pousse à explorer « sensoriellement » les situations avec beaucoup de curiosité, pour accueillir et intégrer le maximum de paramètres sur le contexte.


2 – L’ouverture

Notre Mode Mental Automatique tend à rejeter les informations dérangeantes qui se présentent à nous, et donc nous conduit à refuser des situations pourtant bien réelles.

Par contraste, notre Mode Mental Adaptatif nous amène à prendre en compte ce qui nous dérange ou contrarie, à la fois par pragmatisme (à quoi bon nier le réel !) et par anticipation des opportunités que toute situation peut apporter.


3 – La nuance

Notre Mode Mental Automatique va tendre à simplifier les données d’une situation afin de faciliter sa compréhension, ou va «étiqueter» la situation à la manière d’un magasinier dans une « catégorie » parmi toutes celles qu’il a répertoriées, et ceci dans l’optique de mobiliser une stratégie de réponse connue. Mais il peut ainsi juger hâtivement, niant la complexité objective du réel.

A l’opposé, notre Mode Mental Adaptatif va aller chercher dans une exploration subtile et nuancée, au delà des apparences, à mieux appréhender les situations, afin d’intégrer dans son raisonnement encore plus de données, qu’il est seul capable de traiter.


4 – La relativité

Notre Mode Mental Automatique nous donne le sentiment que ce que nous percevons d’une situation est la réalité, sans avoir conscience des limites de nos capacités sensorielles, nos émotions et nos pensées conscientes, fussent-elles soutenues par des systèmes d’intelligence artificielle très sophistiqués.

A l’opposé, notre Mode Mental Adaptatif, bien qu’il ait exploré avec ouverture les situations, reste capable de relativiser son point de vue et son appréciation sur une situation.


5 – La logique et la rationalité

Le Mode Mental Automatique se dispense le plus souvent du temps nécessaire à la compréhension, mais se contente des apparences et des coïncidences pour établir les liens entre les événements. Il nous conduit à reproduire à l’identique des stratégies qui ont fonctionné ailleurs ou à d’autres moments, et à rejeter celles qui n’ont pas fonctionné, sans nécessairement en chercher les raisons.

Le Mode Mental Adaptatif, quant à lui, ne se contente pas d’explications superflues ou peu rationnelles mais veut au contraire comprendre les situations, en cherchant à dénouer les rébus complexes des liens de cause à effet, rarement linéaires, entre les événements.


6 – L’individualisation et opinion personnelle

Notre Mode Mental Automatique est très social ou « grégaire », au sens où il induit une préoccupation permanente de notre image aux yeux des autres, et peut nous amener à censurer (en proportion) notre opinion personnelle. Il peut aussi nous amener à vouloir nous démarquer des autres, encore pour des raisons d'image (par exemple à cacher voire « refouler » ce que l’on pense réellement d’une situation et agir sous l’influence de l’opinion des autres, des modes, des cultures, voire subir l’aveuglement collectif d’une époque.


Alors que notre Mode Mental Adaptatif va intégrer l’ensemble des ces informations, pour se faire sa propre opinion et donc décider d’agir en conséquence, en « accord avec soi même » et avec ce qui nous paraît adapté.


Parmi la trentaine d’exercices et outils que nous proposerons aux participants à nos formations pour les aider à mobiliser les 6 dimensions de l’Intelligence Adaptative, je vais vous en citer 2 sur lesquels nous pourrons revenir, si vous le souhaitez, à savoir celui de la multisensorialité ou symphonie sensorielle vécue tel un mélomane capable d’élargir son champ de conscience à la multiplicité de ses perceptions sensorielles. L’autre outil est celui du « Pack Aventure » qui apprend à transformer un jugement tranché en un point de vue nuancé et relatif pour améliorer la justesse d’une opinion et d’une décision.



Comment cette découverte des deux grands Modes Mentaux (MMA et MMP) peut-elle s'appliquer à l'accompagnement des personnes en fin de vie et des personnes en deuil ?

La Gestion des Modes Mentaux (GMM) pour réaliser la bascule du Mode Mental Automatique (MMA) au Mode Mental Adaptatif Préfrontal (MMP) peut s'appliquer à toutes les situations de la vie. A l'issue des formations à la GMM, notamment dans le domaine professionnel, on a pu constater que les participants généralisaient l'usage de cette approche et l'appliquaient à des domaines très variés de leur vie quotidienne.


En ce qui concerne les personnes en fin de vie ou en deuil, cette approche s'avère concluante. En effet, elle présente plusieurs avantages :

  • elle est facile d'accès, notamment parce que, contrairement à d'autres méthodes psychologiques auxquelles on recourt généralement dans ces situations délicates, elle ne se base pas sur le contenu des pensées mais sur leur contenant, c’est-à-dire l’attitude, l’état d’esprit adoptés ;

  • elle ne nécessite pas de connaissances psychologiques pour en tirer parti ;

  • son application ne demande pas d'effort ;

  • le bienfait est immédiat.


J'ai pu observer, auprès des personnes en fin de vie que j'ai accompagnées, un apaisement intense, et ceci, dès la première séance. Une des vertus de la Gestion des Modes Mentaux est d'avoir un impact rapide. Ce bénéfice encourage la personne à développer cette approche qui offre un soulagement d’autant plus grand que la pratique de la GMM s’intensifie. J'ai également remarqué que l'impact est d'autant plus puissant que la situation est aigüe. Si une personne peut contourner son problème, s'arranger, temporiser, le bienfait de cette approche sera relatif. Au contraire, lorsque la personne est confrontée à une souffrance inéluctable comme une mort prochaine ou la perte récente d'un être cher, l'efficacité de cette approche n'en sera que plus forte.


Je me souviens avoir fait une formation en entreprise sur le stress et l'adaptation. Deux ans plus tard, une jeune femme qui y avait participé m'a confié que lorsqu'avait débuté la formation, elle venait de perdre son mari. « Cette formation a changé mon deuil », m'a-t-elle dit. Elle était naturellement accablée de chagrin et ressentait une injustice profonde parce que son mari était trop jeune pour mourir. Elle éprouvait une énorme souffrance et croyait alors que celle-ci était une preuve d'amour. Les différents points de vue étudiés par rapport à une situation donnée, lui ont permis de réaliser que son attitude n'était pas adaptée par rapport à ce qu'elle vivait. Elle a compris qu'elle refusait le deuil. Elle a alors apprivoisé l'idée de l'acceptation et, petit à petit, a réussi à la faire sienne. Elle acceptait la mort de son mari et le deuil et elle ne le vivait plus avec angoisse et culpabilité. Ce changement d'attitude lui a permis d'envisager la suite de sa vie différemment et de choisir comment la vivre au lieu de s'estimer victime d'un destin et de s'y enfermer.


Cet exemple montre que, même en situation de souffrance extrême, pratiquer la GMM permet de lâcher prise, et que, quelle que soit la souffrance, une attitude juste permet de la dépasser. Enfin, l’un des mérites de cette approche est qu'elle favorise l'autonomie du sujet, comme en témoigne la réaction de cette femme qui, ayant découvert la GMM en contexte professionnel, l’a aussi appliquée spontanément dans sa vie personnelle.


En ce qui concerne la fin de vie, j’évoquerai la rencontre avec cet homme de 40 ans atteint d'une hépatite chronique active, en invalidité professionnelle, cloîtré chez lui sur un fauteuil et dont la maladie dégénéra en cancer du foie. Je cite ce cas dans mon livre « L’intelligence du stress » et je montre comment il est parvenu à modifier son regard sur sa vie et comment il a accepté sa fin de vie. Je pense aussi à une infirmière qui avait suivi une de mes formations et avec qui j'ai fait un travail intensif durant les derniers mois de sa vie. Elle avait décidé de vivre l'instant présent et avait fini par accepter sa vie et sa fin prochaine. Cet état d'apaisement lui a permis de donner du sens au temps qu'il lui restait à vivre. C'est ainsi qu'elle a voyagé et s'est attachée à vivre le mieux possible les mois et les jours qui lui restaient.


Là encore, ces deux exemples montrent que cette approche ne réclame pas un effort mais une certaine attitude, un état d’esprit « adaptatif ». Dans ce genre de situations, l'acceptation est sans aucun doute la plus importante des 6 dimensions (voir plus haut) que nous attribuons au MMP, source de sérénité.

De manière générale, dans les cas de fin de vie, j'ai travaillé directement avec la personne et plus rarement avec le conjoint ou les enfants. Parfois, je les ai accompagnés a posteriori.


Vous démontrez que cette démarche concerne toutes les situations de la vie, qu'en est-il de la grossesse et l'accouchement ?

Pour une grossesse qui se déroule normalement, la GMM permet de trouver une sérénité et une tranquillité qui aident à la mère de vivre sa grossesse en étant épanouie. Bien entendu, cet état rejaillira positivement sur le bébé. La GMM, dans ces circonstances, et bénéfique que comme peuvent l’être ceux de la relaxation et de la méditation. L'avantage supplémentaire de la GMM est qu'elle se pratique dans n’importe quel contexte alors que la relaxation ou la méditation nécessitent de s’extraire du quotidien en trouvant un lieu et un temps privilégiés. La GMM peut se pratiquer dans toutes les situations.


La GMM suggère aux femmes enceintes d’adopter l'attitude du mélomane qui se laisse bercer par les sons qui l’entourent, des plus proches aux plus lointains, tous ensemble comme une symphonie contemporaine. Cette attitude d’ouverture peut s’étendre aux autres perceptions sensorielles. Cet exercice multisensoriel propose ainsi d'accepter de ne pas tout contrôler mais de se laisser envahir et d'accueillir les différentes perceptions sensorielles de ce qui nous entourent. Cet exercice apprend à être présent et réceptif, créatif et productif. Encore une fois, cette approche s'appuie sur le fait que notre stress ne provient des événements mais de l'attitude avec laquelle nous faisons face aux événements.


Face aux grossesses difficiles qui provoquent nausées, spasmes, menaces d'accouchement prématuré, la GMM apporte une forme améliorée de relaxation qui, en plus, joue sur les causes. Elle va proposer une posture d'acceptation, de relativisation et de globalisation. Dans ces situations difficiles, le stress est une composante importante de la souffrance, surtout lorsqu'il y a incapacité à y faire face.


La GMM propose à la femme enceinte qui souffre des exercices émotionnels et sociaux, des exercices comportementaux et sensoriels, et des exercices cognitifs et psychiques. L’un des exercices cognitifs consiste à prendre du recul en se positionnant, par exemple, un mois après l'accouchement, ou comme simple observateur de la situation, de façon à provoquer un lâcher-prise. L’un des exercices émotionnels suggère à la personne de se recentrer sur elle, en développant son individuation (opinion propre). Il s'agit de lui permettre de penser « je suis moi et je ne me laisse pas envahir par les autres » au lieu de « je ne suis pas à la hauteur ».


Au moment de l'accouchement, je conseille à des exercices d'imagerie mentale et des visualisations : ces exercices de GMM favorisent l’accès au MMP en sollicitant les capacités de curiosité et d’acceptation. La parturiente pourra imaginer un océan où elle s'abandonne dans les vagues entre deux contractions. Cet exercice sensoriel vise à détendre le corps et l'esprit. Grâce à cette technique qui change notre mode mental, la douleur et la longueur de l'accouchement peuvent être vécus plus facilement.



Publié le 28/04/2010