Ateliers d'écriture en médiathèque

La médiathèque de Réalmont (Tarn) a proposé des ateliers d'écriture, ouverts à tous, animés par Caroline Chavelli.

Pourquoi des ateliers d'écriture ?

La médiathèque de Réalmont, apparentée au Réseau Intercommunal des MEdiathèques du Centre Tarn (RIME), a souhaité proposer des ateliers d'écriture afin de répondre à la demande de son public.

Ces ateliers, ouverts à tous, sans niveau requis, s'adressent à tous ceux qui aiment écrire et ont qui plaisir à se retrouver autour de l'écriture.

Il s'agissait, au départ, d'inviter le public à partager un cycle de 3 ateliers. Le succès aidant, les participants ont souhaité suivre tous les ateliers. Un fil conducteur a donc guidé l'ensemble de ces rencontres, nourri par les sensibilités et l'imaginaire de chacun.

Afin d'écrire dans les meilleures conditions, la médiathèque nous a réservé une petite salle, à l'abri des regards et des oreilles, idéale pour la concentration. Le café et les biscuits aimablement servis ont sans nulle doute contribué à ce bien-être  et à la qualité des écrits !


 

Mon propos

Les ateliers d'écriture que je propose ne sont pas des atelier littéraires, en vue d'acquérir une technique ou un style, mais des ateliers créatifs. Ils invitent au plaisir d'écrire sur les petites et grandes choses de la vie avec poésie, humour, pertinence, sur toutes ces choses simples, profondes, émouvantes qui nous tiennent à cœur et que le quotidien ne permet pas toujours d'exprimer.

Chaque atelier s'organise autour d'un thème, tous unis par un fil conducteur. La variété des propositions d'écriture permet à chacun de s'exprimer en puisant dans son vécu, ses émotions, son imaginaire. Au fil des ateliers, la confiance qui s'installe envers soi et les autres distille cette inspiration subtile, magique, où la poésie, le grain de folie, l'émotion, l'insolite, cheminent et se transforment en mots, en phrases, en récits, riches et uniques grâce à la sensibilité de chacun.

Des sonorités, quelques images, un certain regard, un parfum caché ou une violente envie de dire les choses créent un récit, rappellent un souvenir, dressent un portrait, livrent un monde inconnu. C'est cet enchantement, sans cesse renouvelé, qui me donne cette passion pour les ateliers d'écriture et que j'ai à cœur de susciter à chaque rencontre. Avec respect et enthousiasme, j'invite chacun à révéler toutes ces belles choses qu'il porte en soi et que souvent il ignore.

Ces ateliers sont également un lieu de rencontres où chacun se raconte, écoute, est écouté par le groupe et où les affinités qui émergent créent du lien.


 

Les participants

Aucun homme ne s'est présenté et ce fut donc un groupe exclusivement féminin. En revanche, la bonne surprise fut qu'il devint intergénérationnel. Constitué au début d'adultes aux personnalités variées, dont une dame retraitée, il accueillit un jour une jeune fille au pair allemande qui accompagnait une des participantes. Celle qui venait pour observer a accepté de participer et s'est prêtée au jeu. Ecrire en français étant trop difficile, elle a écrit dans sa langue, traduisant ensuite le sens de ses propos. Ce fut une découverte pour l'auditoire d'écouter une langue si harmonieuse, portée par l'imagination de son auteure. Se joignirent ensuite à nous deux adolescentes, filles de participantes, dont l'une s'adonna plus volontiers au dessin qu'à l'écriture pour exprimer sa sensibilité. La bienveillance et l'ouverture d'esprit du groupe permirent également d'accueillir des personnes qui ne participèrent qu'une fois, empêchées de régularité par des contraintes.

L'originalité et la richesse de l'atelier furent donc de réunir des participantes de tous âges et de tous horizons. La sensibilité de chacune donna tout son sens à l'atelier dans ce plaisir d'écrire, d'écouter et de découvrir avec gourmandise et intérêt les univers inédits des unes et des autres.


 

La portée des ateliers

Un des défis de cet atelier fut la durée. Une heure s'avère court pour se retrouver, se mettre en conditions et écrire. Ayant jusque-là mené des ateliers d'au moins deux heures, il s'agissait de rassembler sous un thème, en une heure, des consignes suffisamment pertinentes pour donner d'emblée le ton et l'enjeu de la rencontre et de boucler cet atelier en évitant tout sentiment de frustration due à sa courte durée. Cette gageure fut à chaque fois remportée haut la main grâce à l'implication des participantes et à leur plaisir d'écrire.

Cette réussite est d'autant plus remarquable que chacune arrive à la médiathèque avec son lot de tracas et de pensées quotidiennes et parvient, en franchissant la porte, à les oublier pour s'adonner avec bonheur à l'écriture. Afin de susciter un environnement propice, favorisant la déconnexion nécessaire d'avec le quotidien, je crée toujours un décor composé d'objets insolites ou connus dont le pouvoir évocateur favorisera l'imaginaire. Une couleur, une forme, un trait suffisent à inspirer, à rappeler un souvenir ou à déclencher des images.

Dans notre monde conditionné par des impératifs de temps et d'actions, plonger dans l'imaginaire de but en blanc et s'y mouvoir pendant une heure apparaît improbable. Et pourtant ces parenthèses se réalisent grâce à une magie mystérieuse qui enveloppe le groupe et inspire à chacune le meilleur de soi. Chaque atelier provoque de l'étonnement. La personne écrit des choses auxquelles elle ne s'attendait pas et son émerveillement est partagé par celles qui l'écoutent. Il se crée ainsi une émulation et une confiance qui libèrent toutes ces belles choses que chacun porte en soi et une poésie qui embellit son auteure et chacune des participantes.

La portée de ces écritures est telle qu'elle perdure au-delà des ateliers. Les textes, les images, les idées, les suggestions, les propos échangés écrits sur des feuilles ou cahiers se gravent aussi dans les cœurs ou les esprits et nourrissent la personne. Les métaphores cheminent, continuent leur œuvre au fil des semaines et, d'un atelier à l'autre, les personnes se transforment, évoluent, s'enrichissent.

J'invite toujours les participants à conserver leurs écrits et à les relire. Ils s'étonnent et s'émerveillent. Sans un atelier d'écriture, ils n'auraient jamais écrit tous ces récits sensibles, drôles, subversifs, ces souvenirs, ces envies, ces rêves. Chacun goûte au possible, à la liberté de penser et de s'exprimer, au plaisir d'être écouté et apprécié. J'encourage chacun à continuer d'écrire chez soi, ne serait-ce qu'une pensée en passant, pour affirmer sa capacité à écrire et à oser prendre du temps pour soi.


 

Le recueil

C'est dans cet esprit que la médiathèque et moi-même avons souhaité publié un recueil d'une partie des dessins et textes rédigés au cours des ateliers. Dans ce monde où de nombreuses choses sont éphémères ou aussitôt balayées, voire oubliées, par l'amoncellement des données, il nous importait de mettre en lumière le travail réalisé et d'en laisser une trace. Ces pages révèlent la sensibilité de chacune, la richesse de chaque univers, et invite le lecteur à la découverte, à la réflexion et à la poésie.

Cet opuscule souhaite également montrer qu'avec peu de moyens (une salle, du papier, un crayon, des feutres), peu de temps (9 ateliers d'une heure), on peut réunir des inconnus et permettre à chacun de s'exprimer, de se découvrir, de trouver des ressources qui libèrent sa créativité et qui nourrissent l'estime de soi. Ces rencontres inédites et insolites ont également le mérite de tisser des liens entre des personnes qui autrement ne se seraient pas rencontrées.


 

Je remercie la médiathèque de Réalmont pour son accueil et les participantes pour leur confiance et leur créativité.


 

 


 

PubliƩ le 19/08/2015