Entretien avec Robert Crauste

Entretien avec Robert Crauste, médecin gérontologue...

Merci de vous présenter en quelques phrases
Je m'appelle Robert Crauste et je suis né en 1954 à Montpellier.

Pourquoi avez-vous choisi votre métier ?
C’est sur les bases d’une formation scientifique et dans la volonté de m’occuper des autres que je suis devenu médecin. Médecin généraliste d’abord avec quinze années de volontariat au sein des sapeurs pompiers du Gard, médecin gérontologue ensuite. Comme j’ai pu l’ exprimer dans le magazine Liane (mai 2004) « (…) lorsque mon regard croise le regard d’une personne âgée, lorsque je tiens sa main, lorsque je me penche pour lui parler à l’oreille, je ressens une émotion, de l’affection, de la tendresse, dans le respect de cet être humain, de son histoire. C’est très comparable à ce que je ressens en présence d’un nourrisson, leur besoin d’affection et d’amour est identique ».

Qu’évoque pour vous le mot accompagnement ?
L’accompagnement évoque pour moi la notion de présence. Etre présent à côté de celle ou celui qui en a besoin. Présence physique, présence dans l’écoute, dans le geste, présence médicale humaine et technique.

Quelle forme l’accompagnement prend-il dans votre démarche professionnelle ?
Dans mon exercice, accompagnement veut dire disponibilité maximale, ce qui le plus difficile à donner mais sans doute le plus important.

Qu’est-ce qui vous motive chaque jour pour accomplir votre travail ?
Ce qui me motive, c’est la demande des patients, la diversité de leurs demandes, le caractère particulier de chacune d’elles.

Où trouvez-vous des ressources pour assumer toutes vos responsabilités de médecin ?
On ne trouve pas de ressources pour assumer les responsabilités. Elles s’imposent.
Elles font partie intégrante de l’exercice.

En tant que professionnel de l’accompagnement, vous devez éprouver le besoin d’être accompagné : est-ce le cas ?
Ce ne sont pas les responsabilités qui sont dures à porter, c’est la souffrance des autres. C’est en ce sens que le praticien que je suis trouverait bénéfice à être soutenu, à échanger.

Que souhaitez-vous transmettre aux patients que vous rencontrez ?
Ce qui me paraît important de transmettre au patient, c’est la confiance, l’humanité, la chaleur humaine.

D’après vous, qu’est-ce qu’une personne épanouie ?
C’est une personne est en accord avec ses aspirations, un individu qui a trouvé l’équilibre.

Quels sont les moyens pour y parvenir ?
Il faut, me semble-t-il, concilier le parcours individuel et le lien social.

D’après vous qu’est-ce que les parents doivent transmettre à leurs enfants et les grands-parents à leurs petits-enfants ? Devenus grands, que peuvent transmettre les enfants à leurs parents et grands-parents ?
Le lien entre les générations est un double échange. Il s’agit de transmettre et recevoir des valeurs auxquelles on croit, comme le respect de l’autre.

Un livre, une musique, une citation, un film qui vous inspirent et que vous avez envie de nous suggérer.
Une chanson : « L’important c’est d’aimer »

Le mot de la fin : un conseil, une réflexion, une devise, …
Ensemble avançons, toujours avançons.
 

PubliƩ le 14/01/2005