Prix Chronos de littérature jeunesse à l'école primaire

En 2005,  deux classes de l'école primaire de Jouques (Bouches-du-Rhône)se sont inscrites pour la première fois au Prix Chronos de littérature jeunesse. Deux projets pédagogiques autour de livres sur la thématique "Vieillir c'est grandir ; grandir c'est vieillir"  ont suscité l'intérêt des élèves.

 

En septembre 2005, j'ai rencontré la bibliothécaire municipale afin de lui faire connaître le Prix Chronos de littérature jeunesse organisé par la Fondation nationale de gérontologie. Ayant apprécié cette initiative, elle a relayé cette  information auprès des enseignants de l'école primaire. Auprès de ces deux classes, j'ai présenté le Prix Chronos et j'ai fait un compte-rendu du travail des écoliers lors du vote des élève qui s'est tenu en présence de monsieur le maire.

 

LES PARTICIPANTS

Ayant su qu'une enseignante souhaitait axer son projet pédagogique annuel sur la vie de la première moitié du XXe siècle, je lui ai proposé d'y associer ce prix. C'est ainsi que 2 classes se sont inscrites : une classe de CP/CE1 et une classe de CM2.

La lecture des ouvrages s'est faite en classe et à la bibliothèque avec la participation active de la bibliothécaire.

 

LES PROJETS PEDAGOGIQUES

L'enseignante de CP/CE1 a inscrit le Prix Chronos dans un projet pédagogique centré sur la vie au siècle dernier. Les enfants ont pu découvrir de nombreux aspects de la vie quotidienne à cette époque et comment vivaient les enfants de leur âge.

La maîtresse a fait venir sa mère et sa grand-mère à qui les enfants ont posé toutes les questions qu'ils voulaient sur leur enfance en abordant la famille, l'habillement, l'école, les loisirs, les vacances, etc. Les enfants ont fait des découvertes inouies : l'uniforme à l'école, le poële dans la classe, pas de règle en plastique ni de protège-cahiers car le plastique à l'époque n'existait pas, etc ...

Les élèves ont fait des ateliers argile où chacun a représenté quatre scènes se situant à la préhistoire, dans un passé récent, au présent et dans le futur. Ces carreaux d'argile ont été scellés dans la cour de l'école telle une frise.

L'enseignante de CM2, pour sa part, qui travaille avec des plus grands et qui savent donc mieux apprécié le temps et les âges, a centré sa réflexion sur les relations inter-générationnelles entre les enfants et leurs grands-parents, la place des grands-parents dans la famille et le rôle des personnes âgées dans la société.

A cet âge où ils oscillent entre l'enfance et l'adolescence, où les rapports avec les parents sont parfois difficiles,  ils prennent aussi conscience de leur filiation, de ce que représente la maladie grave et l'irréversibilité de la mort. Evoquer ces sujets s'avèrait donc délicat mais la lecture des ouvrages a suscité la discussion et provoqué de nombreuses prises de conscience.
La lecture des ouvrages leur a donc permis de s'interroger sur la place qu'occupaient leurs grands-parents dans la famille et sur les relations particulières qu'ils entretenaient avec eux. Ces interrogations ont suscité des discussions en famille et/ou avec les grands-parents, ou un des deux en particulier, qui ont révélé des attachements ou des estimes qu'ils ne soupçonnaient pas. 

 

LES OUVRAGES DU PRIX CHRONOS

Les deux classes ont étudié la sélection d'ouvrages respectifs du Prix Chronos de littérature jeunesse. Tous ont trait aux thèmes du grandir, du devenir, du viellir et du mourir. Deux rencontres avec chaque classe  ont été organisées à la blibliothèque afin que je présente aux élèves ce prix littéraire et que nous évoquions ensemble les grandes étapes de la vie et les relations intergénérationnelles.

Loin des tabous et des craintes des adultes d'aborder ces sujets, les enfants ont spontanément évoqué leur grand-mamie "au ciel", leur papi avec des "tubes dans le nez", leur pépé "très fatigué dans une maison avec d'autres vieilles personnes", etc. Les plus grands ont parlé du chagrin, de l'absence et des souvenirs qu'ils ont de leurs grands-parents disparus.

Petits et grands ont aussi décrit les relations particulières avec les grands-parents, voire leurs arrières grands-parents, qui les entourent, bien différentes de celles qu'ils ont avec leurs parents.

Ces discussions ont dessiné une ligne de vie où les enfants ont pu s'inscrire, se reconnaître dans le temps, se situer dans les générations et réaliser leur devenir.

Ces rencontres ont également permis un espace de paroles où la vieillesse, la maladie et la mort avaient le droit de cité. Alors que ces sujets sont le plus souvent évités dans les familles ou abordés qu'en cas de nécessité et qu'il en est de même dans la société, chacun  a pu découvrir que les autres aussi avaient des grands-parents gravement malades, très fatigués, qui étaient hospitalisés ou qui étaient morts.

Ces évocations ont montré, avec le temps, que grandir et vieillir nous enrichissent tout au long de notre vie.

 

LE VOTE

Le vote a eu lieu à la bibliothèque municipale. La bibliothécaire a convié monsieur le maire qui a tenu les bureaux de vote et qui pour l'occasion avait prêté les isoloirs et les urnes officiels.

Le maire a expliqué aux enfants le droit fondamental du vote et a donné toute son importance au volet d'éducation à la citoyenneté du Prix Chronos. Il a insisté sur le caractère secret du vote tant au moment du vote que lors de l'annonce des résultats mais les élèves étaient si enthousiastes que son message a été difficilement entendu ! En effet, les élèves étaient très fiers et très excités de voter pour la première fois comme les adultes surtout en présence d'un représentant de l'Etat qui leur a expliqué les différentes étapes : choisir son bulletin, passage à l'isoloir, présenter sa carte d'électeur, voter, émarger, etc

 

L'EXPOSITION

Chaque élève a écrit un petit texte sur ses grands-parents et sa famille et l'a illustré. Toutes ces cartes ont été exposées à la bibliothèque. Les témoignages étaient drôles,  émouvants et enthousiastes ! Parcourir toutes ces pensées suspendues aux rayonnages offrait une grande bouffée d'amour et une belle reconnaissance des relations intergénérationnelles.

 

                                                                               Caroline Chavelli

 

 

 

 

PubliƩ le 14/12/2006