Vie prénatale, du côté des bébés : l'expérience haptonomique

Le Docteur Catherine Dolto nous présente l'haptonomie...

VIE PRÉNATALE, DU COTE DES BÉBÉS: L'EXPÉRIENCE HAPTONOMIQUE

 

Mon souhait à l'origine était de vous parler des trois premiers trimestres de la vie d'un humain mais j'ai réalisé depuis hier que l'haptonomie était mal connue et donc mythifiée ou rejetée sans que l'on sache vraiment de quoi on parle. Pour cette raison je vais garder le fil rouge des trois trimestres mais je vais aussi décrire très simplement le travail tel que nous le faisons pour que la discussion qui suivra repose sur des bases bien claires.

Je vais commencer par dire ce que l'haptonomie n'est pas, c'est à dire pointer les écueils qui sont sur notre chemin quand nous voulons transmettre. Le premier écueil vient du fait que l'haptonomie est directement issue de la phénoménologie. Il faut en vivre l'expérience pour la saisir véritablement, il suffit pour cela de demander à un haptothérapeute bien formé de faire avec vous une ou deux séances de découverte. Tout discours sur une rencontre psychotactile est forcément insuffisant.

-L'haptonomie n'est pas une idéologie qui viendrait imposer de nouveaux dogmes et pourrait être récupérée par ceux qui souhaitent voir réviser de la loi Veil.

La pratique de l'accompagnement périnatal ne saurait permettre de définir les critères d'une "bonne parentalité". Après bien des années de pratique clinique je me sens toujours incapable de définir ce que seraient un "bon père" ou une "bonne mère". Tout au plus suis-je en mesure maintenant de repérer les parents qui font de leur mieux et ceux qui ne le font pas.

L'accompagnement en tant que tel ne doit être pratiqué qu'avec ceux qui sont demandeurs et ceux-là exclusivement ( sauf en salle de naissance, en urgence.) Il serait absurde de dire que l'accompagnement périnatal haptonomique doit être pratiqué par tous les couples. Certains ne souhaitent pas cette approche, ils ont de très bonnes raisons pour cela et il est très important de respecter leur refus qui peut-être ne sera plus là pour une grossesse ultérieure.

-L'haptonomie n'est pas la mise en actes d'une fœtolatrie. J'ai bien entendu Francine Dauphin hier qui s'inquiète du fait que l'enfant pourrait devenir plus important que la mère, et je comprends tout à fait ses inquiétudes à propos du respect de la mère. Je voudrais la rassurer: il n'est pas possible de rentrer en communication avec un enfant dans le giron sans passer par sa mère, c'est elle qui ouvre ou ferme l'accès à l'enfant. Si elle ne se sent pas respectée et accueillie rien ne se passera.

Si elle sent que son enfant est manipulé elle le dira tout de suite et si elle ne peut le dire elle le bloquera... à son insu éventuellement.

C'est pour cela que nous ne posons jamais les mains sur le giron d'une femme enceinte sans demander à la mère d'abord et au père ensuite:

"Vous permettez que je prenne contact avec votre enfant ?"

-L'haptonomie n'est pas une "méthode pour faire bouger les bébés" ni une "gymnastique pour fœtus performants ayant des parents modernes". Elle n'est pas non plus une "technique pour stimuler les fœtus" et en faire de brillants esprits qui entreront plus tôt dans les grandes écoles. Vous avez sûrement entendu parler des universités pour fœtus qui existent aux Etats-Unis, tout cela est ridicule voire odieux et n'a rien à voir avec l'haptonomie. Nous ne cherchons jamais à stimuler un enfant dans le giron maternel, nous avons avec lui des rencontres affectives, c'est tout autre chose. Cependant je vous accorde qu'une bonne rencontre est toujours stimulante mais il s'agit d'une toute autre stimulation, elle ne s'adresse pas à l'intellect mais à l'être dans son entièreté.

-L'haptonomie n'est pas une méthode de préparation à l'accouchement, car bien qu'elle inclue ce but son projet est d'une toute autre ampleur. Il s'agit d'un accompagnement de la parentalité et du développement de l'enfant avant la naissance et pendant sa première année grâce aux liens affectifs qui se tissent très tôt. En tant que préparation à l'accouchement elle est rigoureusement incompatible avec le yoga, la sophrologie et la psycho-prophylaxie parce que ces méthodes s'adressent surtout aux fonctions corticales rationnelles en utilisant le contrôle de la respiration ou la production de représentations mentales. Si une femme voulait mélanger ces pratiques il serait irresponsable de notre part de la laisser faire car au moment de l'accouchement elle serait totalement perdue face à la douleur. Il n'y a aucun sectarisme à chercher derrière ces exigences, seulement du respect pour les parents et l'enfant.

C'est pourquoi il nous arrive de suggérer à une femme de renoncer à l'haptonomie parce que sa relation au yoga ou à la sophrologie ou à ceux qui les accompagnent dans ces disciplines est trop forte pour qu'elle y renonce sans dommage. L'important est que les parents trouvent le chemin qui leur convient le mieux à ce moment là de leur vie. De la même manière si une femme est poussée par son compagnon mais qu'elle ne souhaite pas cette démarche d'accompagnement il faut absolument respecter ce refus et la soutenir dans son choix face à son compagnon (éventuellement on propose une séance pour qu'elle soit certaine de ce qui se joue là). L'inverse est vrai, on ne doit pas forcer un homme à participer pour faire plaisir à sa compagne car on ne sait pas ce que l'on fait en entraînant les gens à contacter leur enfant si tôt malgré eux.

Enfin, à cause de la profondeur et de la grande intimité de ce qui se passe lors de ces rencontres il est impossible et éthiquement inacceptable de pratiquer en groupe.

Ces réticences et ces difficultés de transmission orale ou écrite ont parfois poussé ceux qui ne connaissent pas l'haptonomie à la caricature, nous faisant passer pour une secte jalouse de ses secrets et rejetante pour ceux qui veulent s'en emparer. Je suppose que c'est inévitable quand on est conscient des responsabilités que l'on prend en s'approchant si près des parents et des enfants en gestation et que, de ce fait on prend des positions éthiques rigoureuses.

J'espère avoir ainsi rassuré ceux auxquels cette pratique fait peur et je vais maintenant tenter de vous faire comprendre pourquoi cette approche me parait de la plus grande importance.



QU'EST-CE QUE L'HAPTONOMIE?


Elle se définit comme une Science Humaine, celle de l'affectivité et contact psycho-tactile. Autrefois Frans Veldman son inventeur parlait du toucher, mais le toucher a été si galvaudé, est devenu si à la mode que nous parlons maintenant de contact psycho-tactile. Cette dénomination rend compte du fait que ce toucher est toujours une rencontre vécue dans la réciprocité entre l'approchant et l'approché sauf si on touche l'autre comme s'il était un objet. On peut bien sûr débattre du concept même de Science humaine mais ce n'est pas le sujet aujourd'hui.

L'haptonomie repose sur une phénoménalité très précisément décrite par Frans Veldman qui montre comment tout événement est à la fois psychique, affectif, musculaire, hormonal, ligamentaire, vasculaire et potentiellement symbolique. Son champ est celui des échanges inter humains dans leur ensemble.

Elle met en œuvre des phénomènes reproductibles et vérifiables d'une personne à l'autre. Elle concerne le fondement même de l'existence humaine.

Elle est née du drame humain qu'a constitué la dernière guerre mondiale, née de cette barbarie où un humain ne reconnaissait plus l'autre comme son semblable, née du désir de comprendre comment et pourquoi cela était possible et comment cela pouvait, peut-être, ne plus se reproduire ainsi. Frans Veldman à vécu dans un wagon où des humains étaient entassés comme des animaux des échanges d'une telle profondeur et intensité qu'après s'en être échappé il a décidé de consacrer sa vie à développer et comprendre ce que les humains pouvaient gagner à la compréhension de ces échanges non verbaux que la psychanalyse n'avait pas abordé du tout. Cependant il ne s'agit pas d'opposer la parole au contact psycho-tactile. Nous parlons beaucoup pendant le travail comme vous le comprendrez dans quelques instants.

L'haptonomie permet de faire des psychothérapies d'enfants et d'adultes, de travailler plus en profondeur avec l'hapto-analyse. Elle permet d'aider des handicapés de naissance à retrouver le sentiment de leur corporalité animée dans sa globalité et à aborder la vie avec confiance et sûreté en intégrant leur handicap dans un sentiment de sécurité de base. Elle apporte aussi aux comateux ou aux mourants une aide sécurisante très spécifique.

Le travail autour de la naissance n'est qu'un des champs d'application de l'haptonomie, mais c'est peut être le plus passionnant à cause de sa dimension prophylactique.

C'est d'une pratique polyvalente d'un bout à l'autre de la trajectoire humaine que je tire l'expérience clinique dont je témoigne. Les adultes et les enfants en souffrance m'ont appris que les traces laissées par la vie prénatale, la naissance, les suites de couches et tous les événements des premiers mois de la vie même ceux qui peuvent sembler minimes aux observateurs externes, sont beaucoup plus importantes qu'on ne croit. De ce fait la notion d'amnésie infantile est à ré interroger à la lumière de ce que nous savons maintenant. La notion de trajectoire avec ses continuités, ses discontinuités, ses accélérations et ses pannes est devenue si importante à mes yeux que je peux affirmer sans plaisanter que lorsque je prends contact avec un enfant dans le giron maternel je prends une part dans la façon dont plus tard il pourra affronter la mort.



DESCRIPTION DU TRAVAIL CLINIQUE

PREMIER TRIMESTRE

Le premier trimestre est étonnant par le contraste entre le " rien à voir" pour ceux qui sont à l'extérieur et l'intensité de ce qui se passe à l'intérieur. Là, en secret, parfois à l'insu des parents, se jouent des choses fondamentales pour l'avenir de l'enfant. On ne le voit pas, on ne le sent pas, pourtant à chaque seconde se produit un événement d'importance . On est loin du calme apparent. L'enfant est tout sauf passif.

C'est dans un monde plein de subtilité que l'Haptonomie vous entraîne. Subtil parce que les dimensions y sont petites, et parce que c'est un univers relativement opaque. Au premier abord il se manifeste à nous par le biais de médiations multiples, surtout en début de grossesse: membranes, liquide amniotique, utérus, muscles abdominaux, panicule adipeux, peau. Il s'agit donc de sensations très fines qu'il faut apprendre à sentir et à décoder. Monde subtil aussi en raison de la complexité des interactions mises en cause. L'enfant avant sa naissance est un être qui sait manifester son désir, son plaisir et son déplaisir mais l'importance des influences de la relation mère/enfant et des relations père/ mère /enfant, ou père /enfant/ mère, ou enfant/parents sur son comportement sont énormes.

Idéalement on commence le plus tôt possible dans la grossesse par une, parfois deux séances de découverte de la phénoménalité haptonomique qui permettent à la mère de mieux comprendre vers quoi on se dirige par rapport à l'accouchement. Quand on a la chance de faire cette approche précoce on constate que la mère peut ressentir les mouvements de l'enfant beaucoup plus tôt (3éme ou 4éme mois pour une primipare souvent plus tôt pour une multipare).

Il faut du temps pour permettre aux parents de mûrir tout cela et de vraiment l'intégrer dans leurs vies, c'est pourquoi nous ne commençons jamais un accompagnement après le début du septième mois de gestation. Si il y a une détresse en fin de grossesse, on intervient haptonomiquement, mais c'est un tout autre type d' accompagnement .



LES MERES

"L'utérus habité", que nous appelons "giron" pour le différencier de muscle utérin en tant que tel, a un fonctionnement neuro physiologique bien particulier si il est investi par la mère comme lieu d'accueil et de tendresse.

Une femme, si elle met en jeu le sentiment maternel qu'elle éprouve pour son enfant, peut l'inviter à se déplacer dans son giron. Cela n'est pas d'emblée évident pour toutes les femmes. Il faut tenir compte du fait que de nos jours beaucoup de femmes n'ont pas de conduite instinctivement sûre dans l'approche de leur enfant. Il s'agit d'une espèce de pathologie culturelle, pur produit de notre époque hyper-rationalisante et sur informée. Ces femmes se savent enceintes mais elles ne se sentent pas mères, elles ne disposent pas, sans aide, de ce savoir non conscient qui soutient le sentiment maternel.

Ce travail précoce peut aider beaucoup certaines femmes qui ont hésité à garder leur enfant ou n'ont pas pu avorter. Elles sont intimidées, ambivalentes face à cet enfant non voulu. Comme vous le savez tous désirer inconsciemment ou subconsciemment un enfant est tout autre chose que vouloir rationnellement un enfant. Certaines grossesses rationnellement décidées le sont pour des raisons tout à fait névrotiques alors que des grossesses "accidentelles"sont bien souvent subconsciemment ou inconsciemment désirées. Il est parfois plus difficile de commencer le travail avec une femme qui à tout décidé mais qui a peu de désir profond d'être mère qu'avec une femme qui vient en disant "je n'étais pas sûre de vouloir cet enfant mais je n'ai pas pu avorter, aidez-moi". Souvent ces femmes réalisent qu'imaginairement elles n'acceptent pas la grossesse, qu'elles ont des raisons objectives de ne pas avoir cet enfant mais que dès qu'il se manifeste à elles, parce qu'elles sont en fait subjectivement très présentes pour lui il réagit immédiatement. Elles se sentent alors accueillantes pour cet enfant et elle l'acceptent immédiatement.

De cet enfant-là, vivant dans leur giron elles veulent bien, même si les soucis liés aux conditions de cette grossesse restent présents. Elles découvrent alors qu'elles peuvent les vivre avec leur enfant qui les aide et les soutient.

Cela a été une découverte pour moi de sentir combien les enfants portent la mère qui les porte. L'enfant "non voulu" peut faire découvrir à sa mère qu'elle le désirait non consciemment et qu'elle peut l'accueillir en se sentant bonne mère, ce qui les déloge tous les deux de leur position de victime. Cela ne se passe pas toujours ainsi, évidemment mais cela se produit beaucoup plus souvent qu'on le croit.

Ainsi donc, sans avoir besoin de ses mains la mère berce l'enfant de intérieur comme si le giron se substituait à des mains tendres. L'enfant réagit en fonction de l'état d'éveil dans lequel il est. Cette capacité de la mère à accompagner, bercer ou calmer son enfant de l'intérieur est très précieuse tout au long de la grossesse. Lors d'une amniocentése elle sera avec son enfant et ils se sécuriseront mutuellement.

Lors d'une menace d'accouchement prématuré la mère peut aider son enfant en l'invitant vers son cœur ce qui a un effet immédiat sur les contractions et surtout sur le cercle vicieux d'anxiété/contraction qui fait qu'une contraction en déclenche une autre. Si j'utilise un vocabulaire affectif: "vers son cœur "et non pas "vers le haut", quitte à vous paraître ridicule c'est parce que ce style de vocabulaire est indispensable pour que la mère ne soit pas piégée par sa rationalité ce qui ne mènerait à rien.

C'est grâce à ces capacités d'accompagnement interne que pendant l'accouchement, la mère, aidée par le père, guide l'enfant le long du chemin qu'elle lui ouvre au lieu de chercher à l'expulser hors de son corps comme un objet.

On voit comment face à une menace ou a une intrusion médicalement nécessaire le fait pour la mère et l'enfant de le vivre ensemble change tout. La mère sent qu'elle protège réellement l'enfant qui se manifeste pour lui signifier que malgré le danger elle est présente pour lui. Agissant ainsi elle se vit comme "bonne mère", elle est rassurée et la dynamique des événements en est transformée.

Dans des moments plus difficiles une mère qui sent que son enfant reste contactant et paisible peut dire toutes les horreurs que la maternité représente imaginairement pour elle. Elle a besoin de dire son rejet, son ambivalence, ses peurs, ses chagrins d'enfant pour sortir d'un moment critique. Si elle sent que même quand elle le fait nous restons, le père si il est présent et moi, paisiblement autour de l'enfant sans que celui-ci semble souffrir ou soit menacé constitue un véritable tournant dans la vie de cette triade là. La mère se sent libérée d'avoir pu exprimer ses difficultés mais surtout d'avoir pu les dire sans se sentir jugée ou coupable puisque l'enfant à montré qu'il pouvait supporter tout cela très tranquillement. Ceci est très important à cause des ravages que fait le sentiment de culpabilité, poison si violent pour l'être humain. C'est en faisant appel à l'affectivité, en sécurisant la mère et l'enfant avec tous les effets physiologiques qui en découlent que nous travaillons lors des menaces d'accouchement prématuré. Souvent les obstétriciens ne comprennent pas ce qui s'est passé en si peu de temps mais constatent la transformation de la situation. Pour toutes ces raisons c'est pour nous désolant d'entendre certains obstétriciens interdire aux femmes de toucher leur ventre en période difficile.

Je me souviens d'une femme qui avait perdu deux enfants au septième mois de grossesse. Je l'accompagnais pour la troisième et comme on pouvait le craindre elle m'a appelée, très anxieuse au septième mois: "il ne bouge plus". Je lui ai proposé alors de venir tout de suite et par chance le père était disponible aussi. Dès que j'ai appelé l'enfant de la façon que je développerait dans un instant il s'est approché avec la viscosité particulière de l'enfant qui connaît le jeu mais vient malgré sa mère qui le bloque sans s'en rendre compte. Immédiatement cette femme s'est mise à lancer de véritables imprécations contre son enfant qui, si il venait au monde allait révéler à tous son incapacité profonde à être mère. L'enfant restait tranquillement dans un minuscule balancement entre les mains de son père et les miennes posées sur le giron de sa mère. Nous avons attendu paisiblement qu'elle ait terminé, elle était en larmes et j'ai alors posé la question que l'on pose toujours dans ces cas là: " est ce que vous voulez parler de quelque chose qui vous est arrivé quand vous étiez plus jeune?" Comme on pouvait s'y attendre elle avait été abandonnée à la naissance et avait traîné de foyers en foyers. Après avoir terminé son récit elle a réalisé que son bébé était calme et présent, elle a pu revenir vers lui et finalement ils sont partis réconciliés. C'est une histoire parmi tant d'autres.

Certaines femmes parviennent à éteindre leurs perceptions au point de ne pas sentir leur enfant bouger assez tard dans la grossesse. Même si elles sont parfaitement capables de les inviter à se déplacer, ce que l'on voit à l'œil nu et qu'on sent sous la main elles ne le sentent pas. C'est parfois difficile de les aider à sortir de cette impasse, il arrive même que l'on n'y parvienne pas si on ne peut pas les voir seules et travailler en profondeur sur leur passé ce que certaines mères et certains pères ne souhaitent pas.

Lors d'une grossesse gémellaire, une mère peut parfaitement inviter un enfant à venir vers son cœur tandis qu'elle invite l'autre à descendre comme si elle le couchait dans le bassin. Ainsi s'instaurent des temps de jeu bien différenciés avec l'un et l'autre des enfants, j'y reviendrai. Tous ces processus ne se produisent que dans la relation affective et le sentiment d'invitation, ils vont plus vite que la pensée qui les inhibe ou les ralentit. Dés qu'une femme souhaite rationnellement" Je veux que l'enfant monte" tout est bloqué et rien ne se passe. La trop grande rationalité des femmes les gêne parfois au début mais on parvient très facilement à leur faire dépasser cette difficulté grâce à l'aide précieuse de l'enfant et du père.



DEUXIEME TRIMESTRE

Le contraste de ce deuxième trimestre se joue entre l'intensité de ce que vivent les parents dans le registre des échanges qui sont de plus en plus précis et le peu d'attention de l'entourage pour l'enfant en tant que sujet. A cet âge là il est vécu par la plupart des gens comme une pure passivité alors que son activité intime et sa recherche de liens et de sens sont d'une grande intensité.

Le deuxième trimestre est celui de la rencontre proprement dite et de l'apprentissage des jeux et de "l'être ensemble". L'enfant est là dans un giron qui selon qu'il est plus ou moins tendu à pour lui la dureté du béton ou la douceur du molleton. ll guette les changements multiples qui viennent animer cet univers obscur: variations des rythmes cardiaques et respiratoires de la mère, modification des odeurs et des goûts du liquide amniotique en fonctions des émotions et du régime maternel. Tout semble porteur de sens pour lui. Nous arrivons, nous proposons un jeu et tout se passe comme si l'enfant était aux aguets de ce qui lui fait signe, dès qu'il a compris qu'il y avait là une possibilité de jeu on a vraiment le sentiment qu'il s'y engage joyeusement. Sauf s'il n'est pas bien portant ou qu'il est dans un moment de sommeil profond.



LES PERES

Les pères eux, appellent de l'extérieur ce qui est une situation toute différente. En général ils ne peuvent vraiment commencer à bien sentir qu'a partir du quatrième mois.

Ils utilisent leurs mains et leurs voix et surtout toute leur présence autour de la mère et de l'enfant. La présence au sens ou nous l'entendons haptonomiquement ne se décrète pas, elle a des effets immédiats, elle est le résultat d'une alchimie très particulière et de l'agencement de nombreux micro-actes qu'il faut connaître pour aider certains pères.

Il y a différentes façons d'appeler l'enfant de l'extérieur, les unes plus ludiques, les autres plus subtiles mais elles sont toujours tendres et confirmantes pour la mère comme pour l'enfant.

Le contact tactile étant signifiant comme un langage, cela suppose un petit apprentissage, plus ou moins facile à notre époque où beaucoup d'adultes sont des "infirmes du toucher".

On peut jouer d'une façon, qui est vraiment la forme la plus archaïque du "cou cou ah le voilà!" ( le" Fort! da!" décrit par Freud) en appelant de manière très spécifique d'un coté avec une main puis en éloignant cette main tout en gardant le contact, l'enfant (le fœtus) arrive immédiatement. La rapidité comme la clarté de sa réponse dépendent de la qualité de l'appel et de sa disponibilité à la rencontre. L'enfant in utéro dort presque tout le temps mais ce sommeil est de profondeur très variable, quand il est léger l'enfant est très réceptif au contact, qu'il semble préférer à tout. Quand il n'est pas disponible on le sent très clairement.

Les mouvements que fait l'enfant pour répondre sont lents et doux, il bouge en utilisant son bassin et sa colonne vertébrale. Cela ne ressemble pas du tout aux mouvements vifs et spontanés que les mères identifient d'ordinaire en tant que "sentir l'enfant bouger", mais plutôt à une reptation lente qui en fin de grossesse évoque une dune qui déformerait lentement le giron maternel d'un coté ou d'un autre. Il y a même un apprentissage précoce de cette motricité douce. Les mères qui ont eu plusieurs enfants sans accompagnement haptonomique disent souvent qu'après une seule séance le style de motricité intra utérine de leur enfant avait très spécifiquement changé. Très vite les mères découvrent qu'elles peuvent reconnaître très finement les mouvements spontanés, les mouvements réponse, les trépignements d'énervement ou enfin ceux qui correspondent à une demande d'attention et de jeu.



UN UNIVERS D'ÉCHANGES SUBTILS

L'invitation peut être aussi beaucoup plus subtile. Quand les parents et l'enfant sont véritablement dans une harmonie affective telle que chacun est suffisamment au delà de lui-même , dans cette empathie active et anticipative spécifique, que nous appelons en haptonomie, l'happerception. Les mains posées avec une extrême légèreté impulsent imperceptiblement un mouvement. C'est une invitation faite à l'enfant soit de se rouler sur son axe quand on empaume son dos, soit à se balancer latéralement ou du haut vers le bas. On a la surprise de découvrir qu'au bout de quelques secondes, l'enfant prend toujours l'initiative du mouvement et que, d'une certaine façon, c'est lui qui berce les adultes penchés sur lui, c'est visible et perceptible de l'extérieur comme de l'intérieur.

Quand les choses se passent ainsi on peut initier n'importe quel mouvement, l'enfant suit et s'adapte en un instant, on a véritablement le sentiment d'une danse à plusieurs partenaires. Si les mains se font un tout petit peu plus pesantes il s'arrête immédiatement comme s'il était dans une attente ludique dans laquelle chacun est suspendu au moindre signe de l'autre. Dés que les mains s'allègent de nouveau l'enfant reprend un mouvement, soit celui qui vient d'être interrompu, soit un des autres déjà découvert. On a vraiment la sensation qu'un dialogue s'installe. C'est l'enfant qui détermine l'amplitude, la dynamique et la durée du mouvement. Quand il a comprit le jeu c'est lui qui esquisse un mouvement, amorçant pourrait-on dire une proposition, il s'agit alors pour nous de lui confirmer que nous avons compris et que nous le suivons. Ce faisant nous le confirmons affectivement ce qui est très favorable à son développement ultérieur, c'est déjà soutenir quelque chose de l'ordre d'une prise d'initiative et cela laisse un engramme positif.

Quand il a eu son compte de jeu il diminue l'amplitude de son geste puis s'arrête d'une façon très perceptible pour tous les participants, ce qui permet aux parents d'acquérir la certitude qu'ils ne peuvent en aucun cas manipuler leur enfant contre son gré.

Il est très important de comprendre que rien de cela ne peut se faire si la mère de l'intérieur n'est pas affectivement avec tout son sentiment chez l'enfant pour l'accompagner. De la même manière elle peut le bloquer, le ralentir, voire l'immobiliser, et cela même sans en avoir conscience. Parfois elle le fait parce qu'elle ne souhaite pas le contact entre son enfant et un des participants, c'est d'ailleurs une des façons dont se révélent des conflits latents entre parents, ou entre la mère et son enfant, après la révélation du sexe par exemple. Il n'y a pas d'accès à l'enfant sans passage par la mère et si l'on peut dire que l'enfant a la possibilité de s'exprimer comme sujet désirant, montrant clairement plaisir ou déplaisir- par des piétinements- il faut reconnaître qu'il est dépendant d'elle. Cela n'est pas l'état symbiotique dont on a cru pouvoir parler, mais un état très particulier de quasi symbiose plus ou moins étroite selon les moments. C'est précisément l'intervention du père ou d'un ou d'une autre personne qui se tient là en position de tiers entre l'enfant et sa mère qui fait varier les états de proximité d'une manière très importante pour la mère comme pour l'enfant, pour la mère donc pour l'enfant.

Là encore on voit que lors des tensions entre les parents l'enfant devient révélateur et permet aux parents de dépasser le conflit dans les bons cas, de ne pas le laisser dans le non dit si souvent pathogène dans les mauvais cas. Le plus souvent on arrive au moins au fait que les parents peuvent signifier à l'enfant leur accueil affectueux malgré leurs différents. Ils sont en difficulté dans leur couple mais en tant que parents ils sont présents ensemble. Quand on arrive à cela on sort l'enfant de sa place de victime impuissante des mésententes parentales.

La pathologie liée à la révélation du sexe est beaucoup plus fréquente qu'on le croit. L'accompagnement haptonomique apporte là encore une aide spécifique, il permet à la mère à mieux éclaircir les relations entre l'enfant imaginaire et l'enfant réel pour finalement faire la place à ce dernier sans renoncer complètement à l'enfant imaginaire ce qui serait impossible et certainement néfaste. Là encore le sentiment de culpabilité qui s'installe la plupart du temps quand la révélation du sexe apporte une déception peut être travaillé avec l'aide de l'enfant.

Il faut aussi que l'enfant soit contacté sans être au centre des préoccupations de ses parents. Une main, simplement posée sur le giron maternel avec tendresse est aussi attrayante, l'enfant très doucement, vient se blottir dessous et se sécurise sans être le centre de l'attention des parents, ce qui est très important si on veut bien considérer que l'accompagnement haptonomique est une éducation précoce au sens noble du terme qui lui signifie: "Puisque tu es un humain, noue des liens".



LA PAROLE COMME UN GESTE

La voix et les sons jouent aussi un rôle très important. Celle de la mère, d'abord, qui vient toujours du même lieu et fait partie des repères permanents de l'enfant parmi le concert polyrythmique qui constitue le décor sonore dans lequel se déroule sa vie intra utérine. Déjà, les inflexions de cette voix comptent pour lui. La voix du père et des éventuels frères et sœurs a aussi une importance considérable. L'intérêt de l'enfant pour les sons commence très tôt, dès le début de sa vie intra-utérine, bien avant qu'il dispose d'un appareil auditif fonctionnel -au dernier trimestre de la grossesse-. Les anciens accoucheurs en avaient l'intuition, ils disaient que la peau du fœtus est une grande oreille. Les sons graves semblent passer particulièrement bien. Dès le troisième mois si on parle à l'enfant d'une voix bien timbrée, en disant de préférence des choses sensées, avec des inflexions tendres, tout près du giron d'une femme enceinte, l'enfant s'approche immédiatement sauf si la mère l'en empêche. Il est très probablement attiré par les ondes que cette voix provoque sur sa peau à travers l'eau.

Nous sommes au début de notre vie des êtres vibratoires à l'affût de tout qui fait signe. C'est pourquoi les disputes bruyantes autour d'une femme enceinte ne sont pas souhaitables et devraient être suivies si on ne peut les éviter d'une réassurance donnée à l'enfant.

Grâce à la voix du père qui s'éloigne et s'approche qui vient de multiples directions l'enfant développe un sentiment de l'espace au-delà du giron maternel. Si le père parle souvent à l'enfant et que cela plaît à la mère l'enfant s'approchera toujours du côté de cette voix connue et agréable quand son père parlera, même s'il ne s'adresse pas à lui directement. Si la mère le fait remarquer au père cela favorise le développement du lien père enfant. À la naissance, le père rassure beaucoup le nouveau né, qui découvre la vie hors du giron maternel, en l'enveloppant de ses paroles.

Ce bain sonore prépare les sélections postnatales qui amèneront l'enfant à trier les phonèmes pour identifier sa langue maternelle qui est, à vrai dire, tout aussi paternelle. Les voix sont un des éléments qui permettent à l'enfant de se construire dans une triade.



SE SOUVENIR AVANT DE NAITRE

La précocité des contacts que l'on peut établir facilement avec des enfants de dix ou douze semaines(voire plus tôt) de gestation est très surprenante. Il faut toutefois absolument que la mère sente ces réponses, car il ne serait pas éthiquement acceptable de nouer des liens avec un enfant sans que sa mère et son père si il est présent puisse y participer.

Avec un système nerveux extrêmement primitif, les enfants dès le giron cherchent le contact, déclenchent en reconnaissant une voix des séquences de mouvements découvertes avec cette voix. Il est clair que même avant le cinquième mois de gestation, ils reconnaissent des sons et font le lien son/mouvement. Quand un enfant est bien accompagné c'est lui qui nous dit ce qu'il souhaite quand nous l'approchons avec toute notre présence et que nous posons des mains légères avec respect. Très évidemment ils choisissent le mouvement qu'il préfèrent parmi ceux qu'ils connaissent déjà. Certains choisissent toujours le même et y reviennent après quelques instants si nous leur en proposons un autre. D'autres aiment passer sans rupture d'un mouvement à l'autre, d'autres enfin montrent très clairement leur préférence mais repassent toujours par le circuit qui les à menés à ce mouvement là la première fois, comme si ils se devaient de re parcourir un chemin imposé alors que ce n'est bien évidemment pas le cas. Ces contacts précoces et l'expérience qui en résulte impriment dans la conscience primitive -conscience prélogique, pré rationnelle et affective- des engrammes qui se fixent dans cette mémoire sensorielle.

Certes, nous ne pouvons pas encore comprendre comment cela se passe et quels circuits neurologiques sont ainsi mobilisés et éveillés lors de cette mémorisation précoce, mais le constat clinique est fait quotidiennement sans aucune ambiguïté par de nombreux praticiens. Les engrammes et les souvenirs archaïques se retrouvent dans bien des thérapies d'enfants et d'adultes.



LA BASE ET LA SÉCURITÉ DE BASE

Une fois que le dialogue parents enfants est tout à fait bien installé et clairement établi on ajoute d'autres éléments à l'accompagnement qui permettent au père d'améliorer le confort de la mère et de l'enfant (l'un étant indissociable de l'autre).

Il apprend à bercer mère et enfant, à décambrer la mère, il l'aide à corriger sa silhouette en fin de grossesse en position debout ou assise. Ces gestes permettent que le troisième trimestre ne soit pas trop inconfortable pour la mère et pour l'enfant. L'ensemble de tout cela s'intègre pour favoriser le travail de l'accouchement de manière très spécifique, sans aucun contrôle de la respiration. Il y a aussi pour la mère toute une sensibilisation de son périné que nous intégrons dans un ensemble que nous appelons la base.

Ceci est extrêmement important car, de nos jours, beaucoup de femmes stressées ont le ventre souvent dur par peur d'un accouchement prématuré ou d'une fausse couche. C'est surtout vrai pour celles qui ont dans leur passé des interruptions de grossesse volontaires ou accidentelles, leur sentiment de culpabilité reste fixé dans leur base. Si la base bloquée la relation entre la mère et l'enfant est beaucoup plus pauvre, et l'enfant certainement moins confortable. Le sentiment de base est la clef de la qualité de la présence pour la mère, l'enfant et le père. Là encore on imagine comment le contact haptonomique permet à la mère de faire le deuil de ces enfants morts et de faire à chacun, mort ou vivant, sa juste place. La culpabilité liée aux avortements et aux fausses couches est travaillée dans la relation avec l'enfant vivant qui confirme sa mère.

Quand une femme est bien dans sa base, elle vit un état de confort qu'elle fait partager à son enfant. Elle n'a pratiquement plus de contractions et la communication avec son enfant est limpide. A partir de là s'instaureront les échanges tendres et ludiques qui permettront que l'enfant développe ainsi sa sécurité de base qu'il ne faut pas confondre avec le simple sentiment de base bien qu'ils soient liés. Je me souviens d'une mère qui me disait: "là où vous me demandez de poser mon enfant en douceur j'ai le sentiment qu'il y a des barbelés". Après avoir parlé de la manière dont avait été rejetée par sa propre mère à sa naissance elle a pu vivre la douceur dans cette région. Comme il a déjà été dit ici, tout au long de la grossesse c'est aussi l'enfant que les parents ont étés qu'il faut accueillir. C'est aussi autour du travail sur la base que peuvent se travailler les incestes ou les maltraitances sexuelles passées.

Dans l'accompagnement post-natal cela joue aussi, pour les mères comme pour les pères. Un enfant porté par quelqu'un qui n'est pas dans sa base, dont la présence de ce fait n'est ni confirmante ni sécurisante, le sent immédiatement Il ne peut pas être dans ces bras là en toute sécurité et bien détendu.



CONFIRMATION AFFECTIVE ET RELATION TRIANGULAIRE

Notre but est de favoriser l'installation de liens affectivo-confirmants entre l'enfant et ses deux parents.

Si le père joue avec l'enfant et que la mère laisse faire sans être présente ni accompagner, cela n'est pas de l'haptonomie. Cette notion de triade est très importante pour la dimension prophylactique de l'haptonomie. En effet, si l'enfant reçoit de ses parents une confirmation affective qui lui permet de développer sa sécurité de base, en leur répondant c'est alors lui qui confirme affectivement ses parents et permet que chez eux aussi se développe la sécurité affective et la confiance en eux comme parents, toutes choses très importantes pour leur avenir commun.

Comme je l'ai déjà dit l'accompagnement haptonomique doit absolument être réservé à ceux qui le désirent vraiment et jamais imposé, que ce soit directement ou indirectement, il en est de même pour la formation des professionnels.

Quand le père est mort ou parti en début de grossesse, on fait le travail avec un tiers, afin que la notion de triade soit maintenue et que l'accompagnement ne vienne pas renforcer une relation binaire étouffante pour l'enfant qui lui serait lourde à porter ainsi qu'a sa mère, même si elle n'en est pas consciente. Ce tiers est en fait en position quarte puisque le père est toujours présent même si il n'est pas là en tant que tel. Les séances proprement dites sont au nombre de huit environ, le plus important se passant à la maison entre les séances. Le tiers permet que cet entre-temps soit vécu à trois. Il ne cherche pas à remplacer le père ni à le singer. Le choix de ce tiers est très délicat, cela peut tout à fait être une femme. Mais si le père est mort ou parti en début de grossesse il se peut que la femme soit profondément déprimée. L'accompagnement sera alors plus psychothérapeutique et l'accompagnent qui sera vu plus souvent pourra devenir ce tiers.



ACCOUCHEMENT ET NAISSANCE

TROISIEME TRIMESTRE

Le troisième trimestre est marqué par l'approche de l'aventure que représentent l'accouchement et la naissance, événements conjoints mais très différents. Chacun se prépare de sa place et à sa façon. Le père en acquérant de l'aisance dans les gestes et les bercements qui détendent le giron et donnent confort à la mère comme à l'enfant. Il se prépare à être créatif et avoir confiance en l'aide qu'il apportera le jour de la naissance. L'enfant se muscle, s'étire, se place. Il devient de plus en plus présent, prend des initiatives et la certitude de se comprendre mutuellement est de plus en plus claire. C'est l'époque où la mère affronte sa peur et celle des générations de femmes qui l'on précédée. C'est aussi sa peur de fœtus et de nouveau né qui se réveille à son insu. On parle de tout cela, on apprend à sentir les effets immédiats de l'insécurité sur la base, les contractions les douleurs et comment sortir des moments critiques. Souvent on s'étonne de la façon précise et adéquate dont l'enfant se manifeste au bon moment. Quand tout se passe bien ils arrivent à se rassurer les uns les autres.

Si les conditions de l'accouchement sont simples et si on laisse assez de liberté aux parents on vit des accouchements surprenants mais je n'ai pas le temps de détailler cela aujourd'hui. Si l'accouchement est très technique pour une raison ou pour une autre, si il y a une péridurale, nous demandons aux parents de privilégier avant tout la qualité de la relation avec l'enfant pendant toute sa naissance. Cela suffit à changer la façon dont cet accouchement est vécu par les parents et très certainement par l'enfant.



TRAVAIL POST-NATAL, LE QUATRIEME TRIMESTRE.

Il est essentiel que l'accompagnement prénatal se poursuive après la naissance sans cela il est incomplet et cela pourrait constituer un vécu d'abandon pour les parents et pour l'enfant. Certains praticiens ne le font pas, mais demandent à un collègue de prendre le relais.Il y a d'abord le plus tôt possible une séance consacrée à la mère, pour que la femme retrouve sa place et sa base, et une séance avec le nouveau né. Le travail se termine quand l'enfant commence à marcher.

Le nouveau né est quelqu'un qui a perdu de la liberté. In utéro il bougeait mains et pieds et ne se privait pas de jouer avec eux. Il se déplaçait librement dans un espace dont il ignorait la fermeture. Quand un son ou un contact l'attirait il se déplaçait vers lui. Dès la naissance la pesanteur lui interdit cette mobilité. Il pouvait danser, sucer son pouce, jouer avec ses mains et ses pieds, le voila cloué au lit avec une incoordination motrice qui le prive de tous ces jeux. Privé de cette autonomie il est dans l' attente, dans la dépendance. Étant humain, il cherche du sens à tout, il est donc dans un questionnement permanent.

L'accueil est très important à nos yeux. La naissance constitue une solution de continuité considérable dans la trajectoire de vie. Il nous parait très important que ce passage de la vie aquatique quasi symbiotique à la vie aérienne soit reconnu comme un événement capital. La découverte du sexe si elle est faite à ce moment-là contribue à donner à la naissance son importance. La nomination ouvre à tout un univers symbolique et imaginaire. Ne pas tomber dans la fœtolâtrie c'est dire qu'un enfant pas né et un enfant né sont deux être très différents. Ils n'ont pas les mêmes besoins. Un enfant est né, le fœtus est donc mort.

Pour que le nouveau né puisse entrer dans la vie avec une dynamique qui lui est propre il faut qu'il puisse établir les repères qui lui sembleront bons entre son passé et son présent. C'est déjà la question de l'identité qui est en jeu. In utéro le sentiment de la "mêmeté d'être" comme disait Françoise Dolto qui signifiait la continuité existentielle, tenait à un concert polysensoriel formé par ses parents. Leurs voix qui se modulent, s'approchent s'éloignent mais que l'on apprend à reconnaître, tension ou souplesse des parois, poids et différences de nature entre ce qui est au contact avec le giron, odeurs et goûts du liquide qui varient avec le régime alimentaire et les émotions de la mère, pulsatilité des rythmes cardiaque et pulmonaire qui s'ajustent aux émotions, sensation puslatile au niveau de l'ombilic, cordon que l'on peut toucher, placenta sonore et odorant, c'est de la permanence et des variabilités de tout cela que dépendait "la mêmeté d'être".

C'est pour que l'enfant puisse en sécurité se livrer à un "réétalonage sensoriel" à un tri de ce qui est perdu et de ce qui reste que nous demandons que l'enfant, soutenu dans sa base par ses parents soit posé sur le giron maternel assez longtemps pour qu'il puisse arriver à la conclusion indispensable du " c'est bien eux donc c'est bien moi". Fort de cette certitude il peut aller de l'avant sans nostalgie laissant le fœtus derrière lui il emporte la sécurité qu'il a acquise dans ce bref passé où il a compris qu'il était acteur de sa propre vie, capable de nouer les liens et de faire des propositions auxquelles des réponses satisfaisantes étaient apportées. Nous insistons beaucoup, quand la santé et la sécurité des uns et des autres le permettent, après ce temps de repos sur le giron maternel, pour que le père soit le premier à prendre l'enfant dans ses bras pour le présenter à la mère et à toute l'équipe en lui permettant d'éprouver pour la première fois sa verticalité. La triade est ainsi reformée. Le père à pris tout de suite sa place de médiateur, de socialisateur. Nous appelons premier détachement ce moment très important.

Le travail post-natal consiste à mettre en accord ce que l'on dit avec les gestes et ce que l'on dit avec les mots. La façon de porter aussi est signifiante, elle est un langage.

A travers la théorie de l'image inconsciente du corps Françoise Dolto montre combien l'immaturité du petit humain, liée à son besoin vital de communiquer et d'échanger, le convoque sans cesse au carrefour où se croisent la satisfaction des besoins -registre du substantiel- et les rencontres affectives, espace du désir, jamais comblable -registre du subtil-. A ce carrefour, se situent des malentendus, tragiques parfois, véritables accidents de vie qui entravent le développement ultérieur en laissant des engrammes inhibants, freinateurs de toute la dynamique de l'évolution.

" Là, tout fait message et tout émoi est virtuellement relationnel et potentiellement langagier. " Le drame vient souvent de ce que les adultes comblent ce qui est du registre substantiel, (nourriture, toilette), avec efficacité sans tenir compte du désir, tout aussi vital d'échanges dans le registre du subtil et de l'affectivité (paroles, proximité non fonctionnelle, gestes tendres et sécurisants ).

Dans la vie intra utérine seul le registre du subtil, du plaisir de l'être ensemble, sont en cause dans les échanges proposés par les parents à l'enfant, le substantiel allant de soi dans une grossesse dite normale. C'est pour cela que la communication et les liens affectifs prénataux me semblent si importants. Le substantiel est répétitivement inquiétant. La faim, le mal au ventre, le désir d'être changé, le besoin d'être pris dans les bras pour être sur d'être qui on est, générent des inquiétudes. Il s'agit dans ce contexte très nouveau de reconstruire un sentiment de sécurité qui résiste à ces événements qui re-posent sans cesse la lancinante question de la dépendance donc de l'insécurité.

Nous utilisons un certain nombre de gestes et de positions dans lesquels l'enfant est souvent tourné vers l'extérieur lorsqu'il est réveillé, mais ce ne sont pas les gestes ou les positions des mains en eux-mêmes qui sont importants, c'est une manière de faire qui invite l'enfant à se porter avec notre aide. Ce qui est essentiel c'est que l'enfant n'est jamais porté et déplacé comme un paquet, mais toujours invité à se tenir ou à agir. Nous ne lui tenons jamais la tête, mais en le soutenant dans sa base de façon à sentir dans notre main toute sa colonne et sa tête, nous lui permettons de la tenir lui-même s'il le souhaite. S'il est fatigué, nous lui proposons d'appuyer sa tête. S'appuyer ou avoir la tête tenue, sont deux choses extrêmement différentes à vivre, qui ont des effets différents dans tout la personne de celui qui les vit. Avec Frans Veldman je pense important pour un petit humain d'avoir très tôt le sentiment de sa verticalité, même pour de brefs instants. Quand l'enfant est dans son axe sa présence change immédiatement, son regard semble "s'allumer", il est plus éveillé, ce qui est probablement en relation avec une activation de la réticulée. Sentir que c'est lui qui choisit de se tenir dans son axe ou non, participe aussi au sentiment d'autonomie précoce.

L'échange des regards et des gestes est d'une très grande importance.

C'est ainsi que peu à peu l'enfant "tricote" l'avoir et l'être. Françoise Dolto prête à tout être humain, du début de l'incarnation à la fin des échanges, cette question cruciale : " où est ce par quoi j'aurai l'être?" . Elle ajoute que tout homme "sain" cherche cette réponse ailleurs qu'en lui-même, et qu'il trouve à la poser le courage de vivre dans l'espoir de la résoudre. L'haptonomie montre comment la sécurité affective permet d'aider à ce que cette recherche soit plus structurante que désespérante.



LES ENFANTS BIEN ACCOMPAGNES

Dès la naissance leur tonus de posture est meilleur que celui des enfants non contactés pendant la grossesse. A propos de leur comportement les parents nous disent tous les mêmes choses. Ce sont des enfants paisibles, qui redistribuent autour d'eux une certaine sérénité. Ils sont de ce fait autonomes. Ils sont confiants et aiment les contacts, ils les recherchent. Ils veulent participer à la vie et aller à la rencontre des autres, mais ils le font tranquillement. Ils sont faciles à vivre disent encore les parents qui expliquent qu'ils savent très bien se faire comprendre et ne pleurent que si il y a une bonne raison que l'on découvre toujours assez facilement, sauf si l'enfant est pris dans une problèmatique complexe qu'on ne lui donne pas les moyens de comprendre, comme une dépression maternelle par exemple Même quand ils sont malades il restent très présents ce qui peut tromper un pédiatre non averti .

Il est vrai que l'autonomie et la sécurité apportent de la précocité, j'oserai dire hélas, car là n'est pas notre but, qui est simplement le développement de la sécurité de base et du sentiment d'autonomie qui préparent l'avènement de l'identité, de la confiance en soi et l'instauration d'un discernement subtil fondé fondé sur un" for intérieur"qui permettra, plus tard, à l'enfant de faire des choix éthiques en tout confiance et en toute conscience.

Nous les revoyons très vite après la naissance, à un mois et entre trois mois et quatre mois. Ceci est très important à mes yeux car je pense que nombreux sont les bébés qui, entre l'âge de quatre à douze mois environ, se retirent en eux-mêmes, n'ayant plus envie de chercher à communiquer dans ce monde où depuis leur vie intra utérine ils s'ennuient. Rien ne leur est proposé qui soit à l'échelle de leur immense curiosité pour tout ce qui fait signe. Ils ne sont pas accueillis d'une manière qui tienne compte de leurs désirs de communication, ils sont incompris dans leurs rythmes et non respectés dans leurs immenses capacités d'ouverture et de compréhension.

Les trois premiers mois après la naissance peuvent encore se passer ainsi, cahin-caha dans l'extrême intimité de la dyade/triade mère, père enfant. Mais vers l'âge de trois mois et demi quatre mois, qui correspond à un très important développement des aires corticales qui soutiennent les fonctions cognitives et à une énorme ouverture au monde l'enfant qui n'a pas été affectivement appelé à communiquer de manière adéquate à ses besoins s'ennuie et se met en retrait sur un mode déçu, voire dépressif. A l'âge où on commence vraiment à éduquer l'autonomie en tant que telle ils sont déjà, pour qui sait le voir, en pleine régression par rapport à leurs possibilités réelles.

Ces bébés viennent former la cohorte de ces déçus de la communication, "hypodésirants" qui non seulement n'osent pas s'exprimer, mais n'en ont même plus le goût. Malheureusement cela ne se voit pas à ces âges-là pour un œil non averti, car si j'ose dire, "la vie veut vivre". Ils grandissent et grossissent, ils s'expriment même, mais d'une manière frustre et peu investie. On ne voit les dégâts que plus tard, à une certaine passivité, dans certaines difficultés lors de l'apprentissage de la lecture et de l'écriture, ou plus simplement à travers leur façon de ne pas, (ou peu) entreprendre spontanément des activités même si elles les intéressent, où encore dans leurs difficultés à s'adapter à un groupe et à se socialiser. Ils déclinent toute la gamme de la souffrance qu'exprime un enfant qui par manque de confirmation affective n'a pas investi sa corporalité en tant que sujet désirant soutenu par la confiance en ses capacités et dans ce qu'il éprouve avec certitude comme bon ou mauvais pour lui. Si la naissance ou l'accouchement ont été difficiles on revoir les parents et l'enfant au véritable anniversaire de cet événement c'est à dire à 9 mois si l'enfant est né à terme. En effet il y a au même âge que l'enfant avait au moment de sa naissance, 7 ou 8 mois si il est né prématuré, un syndrome d'anniversaire. Nous faisons alors un travail très spécifique qui permet aux parents et à l'enfant de bien passer ce cap et de ne pas garder de traces traumatiques.

Il est très important de les revoir au moment de l'acquisition de la marche car l'expérience montre que les parents ont du mal à s'adapter à l'autonomie de ces enfants. En effet ces bébés si agréables, souriants et faciles à vivre peuvent s'affirmer avec plus de force que les autres entre la marche acquise et l'âge de 4 ans dans cette période où il faut s'opposer et chercher les limites pour pouvoir grandir. Leurs parents sont surpris et souvent démunis. De ce fait ils les frustrent inutilement sans même s'en rendre compte et ceux si peuvent s'opposer à eux avec la très grande assurance que leur donne leur sécurité de base bien acquise. Quelques adaptations éducatives sont donc nécessaires pour que tout se passe bien .



PATHOLOGIE

J'espère vous avoir fait saisir comment l'haptonomie permet d'apporter une aide spécifique aux parents et aux enfants lors des grossesses pathologiques. On fait un travail particulier adapté à chaque situation. Lors de l'accompagnement si il est bien mené l'ambivalence des parents, les viols, les incestes, les problèmes sexuels, la haine, la jalousie, reviennent en surface. La relation entre les parents et l'enfant permet d'aider travailler ces questions douloureuses. Je pense par exemple à une femme qui ne pouvait pas supporter la moindre douleur. Elle quittait immédiatement son enfant avec lequel elle était pourtant en très bonne relation. Devant cette découverte nous avons travaillé la question et compris qu'elle s'attendrissait sur elle même dès qu'elle avait mal, elle ne pouvait plus se sentir mère. Pour la première fois depuis des années elle a pu parler d'une I.V.G. faite dix ans plus tôt à la suite d'un viol. Elle était sortie de l'hôpital toute heureuse disant à tout le monde que c'était le plus beau jour de sa vie. Ce qu'elle vivait maintenant avec l'enfant qui la confirmait affectivement dans son giron c'est que ce beau jour avait été atroce sans qu'elle puisse même se l'avouer à l'époque. Après avoir pleuré dans les bras de son compagnon elle a pu mener son accouchement et accompagner son enfant d'un bout à l'autre. Chaque enfant, celui qu'elle n'avait pas gardé et celui qu'elle mettait au monde avaient sa place et elle la sienne.

Accompagner parents et enfant avant un avortement médical, lors de la révélation d'une malformation, lors des grossesses multiples, quand on sait qu'un des enfants est condamné et l'autre pas, aider des parents pour lesquels la génération est source d'angoisse ou de dépression c'est un des aspects importants de notre travail. Bien des cas donnent à penser que l'on peut grâce à ce contact prévenir certaines psychoses qui s'inscrivent dans les non dits sur plusieurs générations. On aborde également de façon spécifique la façon dont le syndrome d'anniversaire vient s'inscrire dans la pathologie de la grossesse.



LES JUMEAUX

Je terminerai en évoquant les jumeaux en écho à ce que madame Piontelli nous a dit hier de son travail. D'une certaine façon nous arrivons aux mêmes conclusions. Il y a bien une continuité des relations et des comportements de la vie prénatale à la vie post-natale. Chaque enfant à un style de motricité et une façon d'établir des contacts qui lui est propre et qui perdure. Bien souvent les parents et moi rions ensemble devant des comportements d'enfants ou de jumeaux âgés de quelques mois ou quelques années en disant "vous vous souvenez c'était déjà comme ça avant sa naissance". Mais il arrive aussi que l'on soit amené à s'étonner de la façon dont un enfant nous surprend par la manière dont il se distingue de la place imaginaire qui lui avait été assignée en fonction de sa place et de son comportement in utéro. Cependant nous n'en avons pas fait une exploration systématisée comme cela a été fait pas madame Piontelli.

Pendant l'accompagnement nous offrons aux jumeaux la possibilité de jouer ensemble. Quand il arrive que l'un soit un peu écrasé par l'autre nous l'aidons à venir prendre plus de place tandis que nous invitons l'autre à lui laisser de l'espace. En début de grossesse celui qui est en dessous vient tout de suite prendre l'espace libéré pour lui tandis que l'autre trépigne. En fin de grossesse on a souvent l'impression qu'il se sont habitués à leurs places respectives et que celui qui est en dessous ne cherche plus à changer sa situation même si on lui libére de la place.

Puisque nous sommes ici pour avoir un dialogue fructueux je dirais franchement ce qui m'a posé problème dans la présentation d'hier.

C'est d'abord l'usage de l'échographie. L'échographie est un examen médical très précieux mais la plupart du temps il perturbe la relation parents enfants. Pendant l'examen on appuie sur le ventre avec la sonde et il est très probable que les ultrasons chatouillent un peu les enfants. Il n'y a là rien de grave ni de pathogène mais cela modifie le comportement des enfants qui ont une motricité différente et sont plus agités. Ceux d'entre nous qui sont formés à l'haptonomie et font des échographies ou qui accompagnent parfois les parents lors des échographies, ce qui est mon cas, peuvent observer que la façon dont on pose la sonde provoque déjà des différences énormes chez le même enfant. Mais le fait que les parents et la mère en particulier observent l'écran a des effets plus importants encore: les parents ne peuvent pas être affectivement avec leurs enfants en regardant comment ils bougent sur un écran. Si on fait l'expérience on voit que avec le même échographiste le comportement du ou des enfants change significativement quand les parents quittent l'écran des yeux pour rentrer en contact affectif psycho-tactile avec les enfants. Ceux-ci se calment tout de suite ne bougent plus de la même façon.

Je pense donc qu'il est très difficile de tirer des conclusions au vu des échographies quand on n'en connaît pas les conditions et qu'on en sait pratiquement autant sur les enfants si on se fie à la clinique haptonomique. Tel enfant qui trépigne et semble vouloir pousser l'autre est peut-être simplement entrain d'essayer de fuir la sonde. Par ailleurs je me pose la question du respect de l'enfant quand l'échographie est utilisée longuement à des fins d'observation. Mais hier rien ne nous a été dit sur la durée et le rythme des séances, je ne peux donc que rester dans le questionnement que je viens d'énoncer.

L'autre question, directement articulée à la précédente est celle de l'interprétation de ce que nous voyons sur les images d'échographie.

Comment interpréter ces images quand on sait si peu de l'influence des conditions mêmes de l'examen sur ces comportements? Un enfant qui nous donne l'impression d'être écrasé par l'autre ou inconfortable ne l'est peut-être pas. Si on a moins de place mais qu'on est en meilleure position pour les contacts on est peut-être mieux qu'avec beaucoup de place mais peu d'interactions possibles? Plus important encore, la position des enfants et la facilité ou la difficulté de relation due à cette position influencent beaucoup se qui se passe entre la mère et chaque enfant. Quand un enfant n'est pas en position d'être ressenti avec évidence par ses parents il est tout de suite dans un échange différent avec eux et son statut affectif et imaginaire en est modifié. Dans ces cas-là, c'est à dire ceux ou les enfants sont dans des situations très différentes il me semble que notre rôle si on en est arrivé à la conclusion qu'ils ne sont ni coincé ni en danger est de les protéger contre les interprétations parentales et médicales et de préserver leur capacité d'être en relation avec les autres. Par contre on peut essayer par le contact, les bercements, les décambrages et les invitations de permettre aux deux enfants de se placer mieux en se gênant moins, on y arrive très souvent.

Nous savons tous combien d'adultes sont marqués à vie par des paroles de sages-femmes de pédiatres ou d'obstétriciens qui associent librement et projettent à voix haute en salle de naissance ou d'échographie. Ce n'est pas une mince affaire de porter le poids de ces paroles dites parfois à la légère car la dynamique de la triade en est parfois fortement influencée. J'aimerais donc tout simplement nous mettre tous en garde, moi y compris, contre les interprétations rendues possibles par l'échographie qui permet à nos regards qui sont loin d'être neutres, de violer un espace fermé. On retombe toujours sur les questions d'éthique et de respect.

Je vous remercie de votre attention.

@Docteur Catherine Dolto-Tolitch

GYPSY 2 "LE BÉBÉ DANS TOUS SES ÉTATS"

Paris 22 et 23 février 1997

Le C.I.R.D.H., 66400 OMS FRANCE, est le seul centre de formation au monde pour se former à l'haptonomie.

BIBLIOGRAPHIE

- Decant, Dominique A la recherche de la sécurité perdue de l'enfant Dans La sexualité oubliée des enfants ouvrage dirigé par Kipman, S.D et Rapoport,D., Sotck, Paris1993

-Decant –Paoli, Haptonomie, Que sais-je ? n°3626, P.U.F, Paris

-Dolto, Françoise L'image inconsciente du corps, le Seuil, Paris 1984

-Dolto , Françoise Au jeu du désir, le Seuil, Paris, 1981, 1991

-Dolto-Tolitch ,Catherine Génération, espoirs et souffrance, Actes du colloque "Souffrance qu'el sens aujourd'hui? "Erés 1992

-Dolto-Tolitch, catherine, DISQUE CD AUDIO, L'haptonomie périnatale, Gallimard, collection ,a voix haute.

-Trocmé-Fabre, Hélène J'apprends donc je suis , Les éditions d'organisation, Paris, 1989

-Veldman Frans Haptonomie science de l'affectivité , P.U.F , Paris 1989

Publié le 10/10/2005