Les cafés des âges

L’association « Vieillir, c’est vivre ! » lance un appel pour créer un mouvement citoyen visant à mettre en valeur les rapports entre générations, à changer notre regard sur la société et son organisation.

L'APPEL " VIEILLIR, CEST VIVRE : DITES-LE! "

 

Etre vieux, être jeune, c’est relatif ; on est toujours le jeune ou le vieux de quelqu’un. Le vieillissement est un processus qui démarre dès la naissance et, finalement, « vieillir, c’est vivre » ! Jeunes et vieux, réapprenons à vivre ensemble, inventons des habitudes de vie entre nous, osons en parler.

A tout niveau, du quartier au pays, en passant par la commune, le département et la région, il faut valoriser toutes les actions visant à renforcer le lien social entre générations. Les vieux doivent pouvoir pleinement participer aux projets qui concourent à tisser les rapports humains. Vivre plus longtemps peut être une chance, à condition de se sentir acteur de ses choix de vie et citoyen dans la société. Prendre la parole, permettre à chacun de trouver sa place pour participer à l’évolution de la société, c’est redonner du sens et de l’humanisme à la démocratie.

Vivre plus longtemps et plus longtemps en bonne santé nous conduit à changer notre regard sur la société et son organisation. Etre vieux, ce n’est pas vivre plus chichement et avoir moins d’exigences que lorsque l’on a 35, 45 ou 55 ans. L’exigence centrale : être acteur de ses propres choix, un droit inaliénable et imprescriptible qui ne saurait être refusé aux vieux !

Face à ces défis qui nous attendent, il est urgent de réfléchir tous ensemble, toutes générations confondues sur la manière dont notre société doit évoluer.
Jeunes et vieux, actifs et retraités, professionnels et usagers, élus et familles,
- offrons aux personnes âgées une perspective de vie autant qu’une perspective de soins,
- offrons à chacun, en fonction de sa situation et de ses choix, de bénéficier de ressources sanitaires et sociales adaptées et personnalisées,
- offrons aux citoyens de tous âges le droit d’exercer sa liberté personnelle, de communiquer, de se déplacer, de participer à la vie en société.

Rencontrons-nous, dialoguons, partageons nos expériences, dans des débats citoyens, des forums de discussion, des colloques de réflexion.

 

LE CYBERCAFE DES AGES

Le cybercafé des âges se veut être un lieu de débats continu entre les générations, de débats sur les relations entre les générations.

Résumé de l'analyse des comptes-rendus de la 1ère génération des cafés des âges créés en 2005



Présenté au Conseil Scientifique et au Comité d'Animation de l'association " Vieillir, c'est vivre ! " le 2 février 2006, par Daniel REGUER, Maître de conférences en sociologie, Université du Havre, CIRTAI (CNRS, FRE 2795)


L'Appel " Vieillir c'est vivre : dites-le ! " lancé conjointement par de nombreuses personnalités dont Paulette GUINCHARD et Denis JACQUAT respectivement députés du Doubs et de la Moselle, a connu un franc succès. L'analyse de la première génération des Cafés des âges a été réalisée à partir d'une quinzaine de comptes rendus rédigés par les animateurs de chacune des manifestations, sur la base d'un canevas qui leur était proposé. En référence aux objectifs fixés dans l'Appel : " Changer notre regard sur la société et son organisation " et " réfléchir tous ensemble, toutes générations confondues, sur la manière dont notre société doit évoluer ", ! notre analyse vise à contribuer à une réflexion sur de nouvelles formes de mouvements sociétaux, et sur des politiques publiques en tant que produit et production de l'action collective. En cohérence avec le monde gérontologique quelques thématiques ont été occultées : Sexualité, homosexualité, et vieillissement des travailleurs migrants, des personnes handicapées, des gens du voyage. L'absence des thématiques telles que le développement des enseignes de service, la directive Bolkestein, ou encore l'insécurité, révèle le caractère plus sociétal que politique, des débats de la première génération de Cafés des âges.
 
Les idées d'affection, de tendresse ou d'émotions, sont fortement associées aux relations inter générations. Celles-ci demeurent cependant souvent unilatérales, des vieux vers les jeunes, notamment dans les processus de transmission de l'expérience. C'est plus par méconnaissance de l'autre que la rencontre ne se ! déclenche pas. D'ailleurs, au sein des familles, le désir inte! rgénérat ionnel s'exprime fortement, sans formalisation explicite. A travers le cloisonnement sur le critère d'âge, d'autres caractéristiques sociales sont en cause (prés-retraites ...).

Aussi, le discours intergénérationnel peut contribuer, contre son gré, à instituer des classes d'âges, en homogénéisants une population pourtant plurielle, parfois en la stigmatisant comme s'il fallait rajeunir la vieillesse pour la rendre présentable : " on peut être vieux et rester jeune ou être jeune en étant vieux ". De même, ce discours risque d'occulter le désir, plus simple, de relations sociales, inter ou intra générationnelle, d'une population âgée, parfois condamnée à la solitude du domicile. Cependant, pour de nombreux Cafés des âges, " vieillir c'est évoluer, " ce qui sous tend une vision dynamique de l'avance en âge contraire au stigmate de conservatisme et de replis sur un passé inamovible. Cette vision mouvante s'oppose! en outre aux objectifs de politiques publiques du vieillissement définis par " le maintien " (à domicile).

L'éternel débat sur le bien fondé du " maintien à domicile " ou de " l'hébergement collectif ", parfois considérés comme maltraitant, n'a pas été évité. Pourtant l'objectif de politique publique dit de " maintien à domicile " conçoit ce dernier comme limité au " plus longtemps possible " et préalable à un " placement " désigné comme inévitable. Ainsi, n'est pas érigé en norme telle ou telle espace, mais un parcours de vie d'un espace à l'autre. On conçoit, alors, que soit constatée une certaine difficulté à se projeter dans l'avenir. De l'adaptation de l'habitat aux unités d'habitat multi-générationnelles, les suggestions n'ont pas manqué pour permette un maintien dans une vie sociale alternatif à la logique de " maintien à domicile suivi d'hébergement en EHPAD ". Ce débat m! ériterait d'être dépassionné, par exemple en interrogeant les ! détermin ants du moment de l'entrée dans quelle institution, des personnes isolées à domicile et les stratégies de contournement que les familles et les usagers peuvent mettre en œuvre.

L'aidant (sur)naturel est très majoritairement la conjointe, de la même génération. Ainsi, ne peuvent être confondus sous la même appellation familialiste, les rôles complémentaires intra et intergénérationnels, au risque de rompre toutes relations intergénérationnelles.
 
D'une façon générale nous avons constaté une tendance à l'individuation des causes et solutions des problèmes. Pour autant, les constats sociétaux n'ont pas été absents des Cafés des âges : effets d'une publicité normalisatrice, précarité de l'emploi, mobilité professionnelle donc familiale ... C'est toute la richesse d'un appel qui ambitionne doublement de modifier le " regard de la société " et le " regard sur la société ". Mais ces constats sociétaux son! t plus souvent abordés comme constat d'un environnement subit que comme constat d'un environnement sur lequel on peut agir. On ne trouve, en effet, que dans une moindre mesure des propositions en terme de politiques publiques et encore moins relatives aux systèmes d'organisation. C'est pourtant aussi à ces deux niveaux que l'on peut agir sur l'historicité de la société.
 
Sans qu'elle soit exprimée formellement, ces réflexions appellent une action, doublement en terme de politiques publiques, mais aussi plus généralement sur l'invention de nouvelles manières de vivre ensemble par une transformation du regard sur l'autre, une interrogation sur les valeurs, à l'image des mouvements d'éducation populaire. C'est peut-être dans ce long chemin que se construisent les Cafés des âges comme action sur la société. Le Café des âges est ainsi, non seulement un lieu de réflexion, mais aussi un lieu d'action de proximité, de concrétisation des échanges entre générations, un li! eu de formation. Ce rôle peut être amplifié, organisé, cadré, ! institut ionnalisé, en formant des " animateurs des Cafés des âges ". Cette initiative pourrait associer des mouvements de jeunesse réunis dans les CRAJEP, et préparant au BAFA.
 
C'est, là encore l'ambition des mouvements d'éducation populaire, qui ne visent pas la mise en conformité d'agents soumis aux cadres sociaux d'une société, mais au contraire la mise en conformité de ces cadres sociaux sous l'intervention d'acteurs citoyens conscients de concourir à la production culturelle d'une société en évolution.

UN CAFE DES AGES PEUT ETRE ORGANISE PRES DE CHEZ VOUS

Pour créer un café des âges ou y participer, contactez Jean-Michel CAUDRON au 06.80.96.25.69 ou par jean-michel.caudron@wanadoo.fr

Publié le 14/02/2006